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ACTE III, SCÈNE I

M. ARGANT

Ah ! sans doute.

M. DOLIGM.

Votre embarras est des plus (grands; Et, pour vous en tirer, il faut qu'il vous en coûte. Aimez-vous votre femme?

M. A ne A NT.

Autant que mes enfants:

Je ne puis ni ne veux me brouiller avec elle. Eli! depuis notre hymen l'union la |)lus belle J A resserré des nœuds (jue l'amour a formés. ^ D'ailleurs je lui dois tout. Je n'a\ois rien au monde :

Malgré ma misère profonde.

Et nombre de rivaux plus dignes d'être aimés, Je lui plus. Il fallut vaincre la résistance De parents qui pouvoient s'opposer à son choi.t. Elle n'avoit [las l'âge iiidi(jué par les lois: Cependant mon bonheur, ou plutôt sa constance, Après bien des refus, et de mortels ennuis. Me rendit possesseur d'une épouse adorable. Qui jouissoit déjà d'un bien considérable, Que des successions ont augmenté depuis. Je m'en souviens sans cesse avec reconnoissance.

M. DOUGNI.

Je prévois qu'à la fin il faudra, malgré vous, Renvoyer votre fille au couvent.

Entre nous, Ce sacrifice-là n'est pas en ma puissante. Ma fille... Non. monsieur, je ne puis m'en priver:

Pour la sacrifier, la victime est trop chèie.

M. DOLIGNI.

Fh bien 1 quoi qu'il puisse arriver, Votre fille est chez vous, déclarez-vous son père.

Si vous prétendez la garder, Il faut bien tôt ou ta;d découvrir ce mystère.

Si vous n'osez le hasarder,

Je vous offre mon ministère.

Une femme en courroux m'embarrasse fort peu: Kntre la mienne et moi la paix etoit si rare. Que je ne suis pas neuf en pareille bagarre.

Moi, j'oppose à leur premier feu

Un flegme des plus salutaires.

Il en est, sans comparaison, Tout comme des enfants mutins et volontaires : Quand la force leur manque, ils entendent raison. Au surplus vous touchez au moment de la crise. Songez que votre feannie, au gré de son espoir. Va remplir le projet dont elle est troj) éprise; Que , sans doute ou fera les accords dès ce soir; Qu'il est temps de parler en père de famille. En niaître, s'il le faut , et si vous le pouvez.

M. ARGAN'T

Que j'appréhende...!

M. DOLIGNI.

Quoi? qu'est-ce que vous avez?

M. ARGANT

'Et si ma femme alloit faire enlever sa fille, Et se rendre en secret maîtresse de son sort! Voilà ce que je crains si je romps le silence.

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