‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 20 sur 295 · ACTE II, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I

D'un secret dont je vais t'avouer le mystère;

Que du Fond de mon coeur il pas^e au lond du tien;

Qu'il y resie caché , comme il l'est dans le mien.

Mes inclinations, ami, sont bien clian^jées,

Mes Tnïïdiéirtes ^ont être Lien vengées...

J'aime... Hélas! que ce terme exprime foiblement

Un feu... qui ii'est pourlaiit qu'un r,-nou\ellement, '•''

Qu'un retour de tendrisse iînprevue, inouïe,

Mais qui va décider du reste de ma viel DAMON, avec élonnemi-.itt.

Quoi ! ton volage cœur .>e livrera toujours

A des feu\ étrangers , à de folles amours?

Ces ardeurs autrefois si pures et si tendres

Ne pourront-elles plus renaître de leurs cendres? )' Tu perds tous les plaisirs que tu cherches ailleurs : ! L'inconstance est souvent ïïn'dês plus grands malheurs. d'u r V a l.

Apprends quel est l'objet qui cause mon supplice.

DAMON

Non : je suis ton ami , mais non pas ton complice.

durvaT!" "^

Ne m'abandonne pas dans mes plus grands besoins : Permets-moi d'achever, je compte sur tes soins.

DAMON, en s'éloif/nant.

Je ne veux point entrer dans cette confidence.

d'u r val, en le rametiant.

Je puis t'en informer sans aucune imprudence.

"Cet oïïjet si charmant dont je reprends les lois,

Mais que je crois aimer pour la première fois;

Cette femme adorable à qui je rends les armes,

Quùiu DTLûJos à^mes yeux a repris tant de charmes... A ' C'est la nneone^ — ■

DAMON

Constance?

d'urval.

Elle-même.

DAMON

Ah , d'Urval !

A mon ravissement rien ne peut être égal... N'est-ce point un dépit, un goût foible et volage. Un accès peu durable, un retour de passage?

d'cRV AL.

Tu le crains, et Constance en pourra craindre autant. Qu'il est triste d'avoir été trop inconstant!... Le véritable amour se prouve de lui-même. Déjà, pour l'assurer de ma tendresse extrême. J'ai, par mille moyens qu'invente mon amour, Rassemblé les plaisirs dans cet heureux séjour. Apprends donc que je suis cet amant qu'on ignore, Qui procure sans cesse à l'objet que j'adore Tous ces amusements imprévus et nouveaux. Dont tout le monde ici soupçonne des rivaux. Assez vains pour nourrir une erreur si grossière. Je lui fais des présents de la même manière... On s'attache encor plus par ses propres bienfaits, Je le sens, je l'en veux accabler désormais: On sjnrjçhit du bien qu'où fait à ce qu'on aime.

DAMOX.

INIais tu dois lui causer un embarras extrême. Que péut-ille penser?... D'Urval, y souges-ti»?

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