M. ARGANT, MADAME ARGANT
Mme AKGAST^ Sf levant.
Eh bien ! quelle nouvelle?
En a-t-on? L'aventure est-elle aussi cruelle Qu'on le dit?
M. ARGAXT.
Je vous en réponds.
Avec son bel esprit qui vous avoit séduite, Votre fils, comme un sot , a donné tout de suite Dans un piège grossier tendu par des fripons; Et le premier exploit de ses premières armes Est un enléxement bien conditionné.
Dans un asile détourné Il croyoit emmener sans trouble et sans alarmes Son illustre conquête; il n'avoit rien prévu, Lorsque, trahi par elle, et pris au dépourvu.
On est venu troubler sa joie.
L'indiscret, qui pouvoit échapper sans éclat,
Au lieu d'abandonner sa proie, A tous ses assaillants a livré le combat; Mais, étant le plus foible, il a fallu se rendi-e: Il est entre leurs mains, pris, et même lAessé--^^''
Mme ARGANT.
Blessé? le malheureux.!... Quel parti faut-il prendre?
M. AUGA\T.
Mais Doligni, que j'ai laissé,
3ifi L'ÉCOLE DES MÈRES.
Croit avoir quelque espoir d'emiiécher les fioursuites; Et, comme il est intellitjeiit, Peut-être avec beaucoup d'arpent
Cette aveature-là n'aura pas d'autres suites.
Les suites n'en seront funestes que pour moi. Idole de mon cœur! malheureuse chimère!
Fils indigne! Ah! le ciel te devoit uue mère Incapable d'avoir le moindre amour pour toi. Est-ce au fond de mon sein qu'il a puisé ces vices? "~-~Pour lui seul j'ai laissé ma fille dans l'oul^i : La moitié de mon sanj^ y reste enseveli; Je faisois à l'ingrat les plus grands sacrifices; Et voilà tout le fruit que j'en vais retirer! Ma honte est mon salaire! Hélas! qui l'eût pu croire? Pour détacher mon cœur, il faut le déchirer: Mais je remporterai cette affreuse victoire. Va, ma haine commence où mon erreur finit. {à M. Argant.) Triomphe/.... le ciel me punit.
M. ARGANT
Eh ! ne séparez point mon intérêt du vôtre. Sans nous rien reprocher, gémissons l'un et l'autre Sur les égarements de ce fils trop ingrat. Si je l'ai toujours vu d'un œil un peu sévère, Je n'en avois pas moins des entrailles de père; Je l'aimois comme vous, mais avec moins d'éclat; Je tenois ma tendresse un peu plus renfermée; Et je ne demandois à votre ame charmée Que de cacher l'excès de son enchantement.