‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 238 sur 295 · ACTE 1, SCKNE TII · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCKNE TII

Et chacun s'élevoit sur mes propres ruines : Où l'on ciieilluit des fleurs, je cueillois «les épines; Ainsi par un scrupule un peu trop rigoureux, J'ùlois à la vertu le droit de rendre heureux. Alors, par une erreur qui n'est que trop commune, J'imputois mes malheurs à l'aveujjle fortune; J'en faisois son forfait, loin de m'en accuser. L'expérience enfin sut me désabuser :

Je rompis mon humeur, rompez aussi la vôtre. i\"(is besoins nous ont faits esclaves l'un de l'autre : ]1 faut porter ce joug; (|ui se révolte a tort. Et devient l'artisan de son malheureux sort. Sachez donc vous soumettre à cette dé)iendance : L'usage des vertus a besoin de prudence; Dans un juste milieu la raison l'a borné : D'ailleurs il faut toujours que leur front soit orné Des grâces et des fleurs qui sont à leur usage. Quand la vertu déplaît, c'est la f.iute du sage: Sachez la faire aimer , vous serez adoré.

Son éclat naturel doit être décoré!

Quoi! d'un fard étranger, secours de l'imposture. L'art oseroit souiller la beauté la plus pure! Mon père, crovez-moi , son attrait lui suffit.

LE PRÉSIDENT

Je n'ajoute qu'un mot à tout ce que j'ai dit. Ma fortune, mon fils, est moins considérable Qu'on ne le croit; je suis dans un poste honorable. Où l'on n'amasse point; ainsi je vous préviens Que, bitn loin de trouver après moi de grands biens,

Vous serez étonué d'un si t'oible partaçre.

11 faut vous faite ailleurs uu plus giaud héritage;

Et vous ne le pourrez qu'eu cherchant uu parti

Qui soit digue, en un mot, de vous être assorti

Par son uom , par son rang et par son opulence :

Mais, pour le mériter, faites-vous violence;

Allez, voyez le monde, et mettez à profit

Ce que mon amitié vous dicte et vous prescrit.

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