‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 262 sur 295 · ACTE III, SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE

ANGÉLIQUE

Oui, c'est la vérité; Je n'ai point de parents, du moins que je connoisse. Mais quoi! puis-je à mon âge être assez ma maîtresse ' Pour que mon seul aveu dispose de ma main ?

SAIN VI LLE

Non , j'atteudois de vous ce refus inhumain.

ANGÉLIQUE

Une raison n'est pas un refus.

SAIN VILLE, à part.

L'inconstante!

Mais si je cousultois...

SA! .\ VILLE

Qui? votre gouvernante ?

Et vous consulterez ensuite votre cœur.

ANGÉLIQUE, éplorée.

Tenez, vous me traitez avec trop de rigueur. Vous me troublez si fort, qu'à peine je respire; Je ne sais déjà plus ce que j'avois à dire.

SAI N V ILL E

Si vous daigniez sur vous faire un juste retour...

ANGÉLIQUE

Eh ! je crains ma raison autant que mon amour.

SAIN VILLE

Croyez donc l'un et l'autre. Eh! comment, je vous prie, M'assurer autrement de vous et de ma vie? .le ne veu< seulement, pour calmer mes frayeurs, Que le titre d'époux : consentez, ou je meurs...

386 LA GOUVERNANTE

ANGÉLIQUE

Ah ciel !

s A IN VILLE.

Je régne , ou non , dans le fond de votre ame ! Le temps nous presse; optez d'accorder à ma tlamme Le titre que Je ciel semble me désigner, Ou de m oter la vie.

AKGÉLIOUE.

Eh bien! je vais signer:

Mais vous eu répondrez.

SAINVILLE

On a bien de la peine A vous faire agréer d'éterniser ma chaîne, A vous faire accepter le plus heureux lien. Est-ce ainsi qu'on se rend ?

ANGÉLIQUE

Vous ne pardonnez rien.

SAINVILLE

Non , sans doute , à l'amour.

ANGÉLIQUE, en lui tendant la main tendrement. Ah ! quelle tjrannie !

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