‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 263 sur 295 · LE PRÉSIDENT, S AIN VILLE · texte numérisé non relu

LE PRÉSIDENT, S AIN VILLE

LE PnÉSIDENT.

Bon, nous serons ici plus en particulier. On voudroit votre avis sur un cas singulier.

SAIN VILLE

Mon père, vous savez que jamais je ne flatte.

LE PRÉSIDENT

C'est par cette raison; l'affaire est délicate : Les conseils les plus vrais sont ici les meilleurs. Un juge assez habile, honnête homme d'ailleurs...

38S LA GOUVERNANTE

Vous riez?

SAINVILLE

C'est de voir ce titre imaginaire Etre si constamment l'épitliéte ordinaire Que s'accordent entre eux les hommes indulgents,

LE PRÉ51DE^'T

Ainsi vous ne croyez jjuère aux honnêtes gjns.

SAINVILLE

Ma foi, ceux que j'ai vus me font douter des autres.

LE PRÉSIDENT

Mon fils, quels préjugés étranges que les vôtres! Il est des gens de bien... Je pense, sur ma foi. Que vous ne jugez pas plus sainement de moi.

SAINVILLE

Mon père, en vérité, ce reproche voe pique.

LE PRÉSIDENT

Vous me croyez du moins un peu trop politique. Eh ! prenez ou laissez les hommes tels qu'ils sont: Tout aussi bien que vous je les connois à fond; Mais jd suis envers euK avec moins de rudesse Indulgent par lumière, et non pas par fuiblesse. Mais revenons enfin. Ce juge en question Fut chargé d'un procès dont la décision Devoit, à son rapport, régler la destinée De gens de qualité qu'un heureux hyménée Venoit d'unir.

SAINVILLE

Laissons la noblesse du sang; Aux yeux de l'équité tous ont le même rang. Pesons les droits réels ; la plus haute naissance

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