SCÈNE IV. — Lise, Marthe, le président Fierenfat
PIERENFAT. Je l'avouerai, cette donation
Doit augmenter la satisfaction
Que vous avez d'un si beau mariage.
Surcroît de biens est l'âme d'un ménage :
Fortune, honneurs, et dignités, je croi,
Abondamment se trouvent avec moi ;
Et vous aurez dans Cognac, à la ronde,
L'honneur du pas sur les gens du beau monde.
C'est un plaisir bien flatteur que cela;
Vous entendrez murmurer : La voilà. *'
En vérité, quand j'examine au large
Mon rang, mon bien, tous les droits de ma charge
Les agréments que dans le mondej'ai-.
Les droits d'aînesse où je suis subrogé,
Je vous en fais mon complifrient, madame. .MARTHE. Moi, je la plains : c'est une chose infâme
Que vous mêliez dans 'ous vos entretiens
Vos qualités, votre rang, et vos biens.
Être a la fois et Midas et Narcisse,
Enflé d'orgueil et pincé d'avarice;
Lorgner sans cesse avec un œil content
Et sa personne et son argent comptant;
Être en rabat un petit-maître avare ;
C'est un excès de ridicule rare : ■
— loi —
Un jeune fat passe encor; mais, ma foi, Un jeune avare est un monstre pour moi. PiERENFAT. Ce Dcst pas VOUS, probablement, ma mie, A qui mon père aujourd'hui me marie.
C'est à madame : ainsi donc, s il vous plaît, Prenez à nous un peu moins dmlerêl.
Le Silence est voire fait.... {A Lise.) Vous madame, Qui dans une heure ou deux serex ma femme, Avant la nuit vous aurez la bonté De me chasser ce gendaruie effronté, Qui, sous le nomdune fille suivante, Donne carrière à sa langue impudente.
Je ne suis pas un président pour rien, Et nous pourrions l'enfermer pour son bien. MARTHK, à Lise. Défendez-moi, parlez-lui, parlez terme : Jesui* à vous, empêchez qu'où m enferme; Il pourrait bien vous enfermer aussi.
LISE J'augure mal déjà de tout ceci.
MARTHE. Parlez-lui donc, laissez ces vains murmures. LISE. Que puis-je hélas! lui dire?
MARTHE. Des injures.
LISE. Non, des raisons valent mieux.
MARTHE. Croyez-moi, Point de raisons, c'est le plus sûr.