‹ Chefs d'œuvre dramatiquesChapitre 109 sur 284 · SCÈNE 'V. — LES Précédents , Rondon · texte numérisé non relu

SCÈNE 'V. — LES Précédents , Rondon

BONDox. Ma foi'.

Il nous arrive une plaisante affaire.

piFRENFAT. Eh quoi, monsieur?

PIERENFAT. V. 4 ^^^^^^ ^^^^^^^ ^ ^ ^^^^^ p^^^

J'allais porter notre papier timbré; ^ Quand nous l'avons ici près rencontre.

Entretenant au pied de celte roche Un voyageur qui descendait du coche.

LISE. Unvoyageur jeune?.. .

RONDON. Nenni vraiment.

Un béquillard, un vieux ridé sans dent. Nos deux barbons d'abord avec franchise L'un contre l'autre ont mis leur barbe grise; Leurs dos voûtés s'élevaient, s'abaissaient Aux longs élans des soupirs qu'ils poussaient. Et sur leur nez leur prunelle éraïUée 'Versait les pleurs dont elle était mouillée; Puis, Euphémon, d'un air tout rechiné.

Dans son logis soudain s'est rencogné : Il ditqu'il sent une douleur insigne. Qu'il faut au moins qu'il pleure avant qu il signe. Et qu'à personne il ne prétend parler PiERE.NFAT. Ah! je prétends, moi, 1 aller consoler. Vous savez tous comme je le gouverne ; Et d'assez près la chose nous concerne ; Je le connais, et dès qu'il me verra Contrat en main, d'abord il signera.

Le temps est cher, mon nouveau droit d aînesse Est un objet...

LISE. Non, monsieur, rien ne presse.

BONDON. Si fait, tout presse; et c'est ta faute aussi Que tout cela.

LISE. Comment? moi! ma faute I

ROiNDON. Oui.

Les contre-temps qui troublent les familles Viennent toujours par la faute des filles.

LISE. Qu"ai-je donc fait qui vous fâche si fort?

RONDON. Vous avez fait que vous avez tous tort, •le veux un peu voir nos deux trouble- fêtes, A la raison ranger leurs lourdes têtes; Et je prétends vous marier tantôt, Malgré leurs dents, malgré vous s'il le faut.

Page 1