SCÈNE III. — Lise, Marthe, Rondon
RONDON. Matoise , mijaurée !
Fille pressée, âme dénaturée !
Ah! Lise, Lise, allons, je veux savoir
Tous les entours de ce procédé noir.
Cà, depuis quand connais-lu le corsaire?
Son nom, son rang? comment t'a-t-il pu plaire?
De ses méfaits je veux savoir le fil.
D'où nous vient-il/ en quel endroit est-il?
Réponds, réponds : tu ris de ma colère 'l
Tu ne meurs pas de honte y
LISE. Non, mon père.
noNDON. Encor des non? toujours ce chien de ton ;
EL toujours non, quand on parle à Uondonl
l.a négative est pour moi trop suspecte :
Quand on a tort, il faut qu'on me respecte.
Que l'on me craigne, et qu'on sache obéir. LisK. Oui je suis prête à vous tout découvrir. jio.\DON. Al»! c'est parlcf cçla : quand je menace
On est petit...
LISE. Je ne veux qu'une grâce :
C'est qu'Euphémon daignât auparavant
Seul en ce lieu ma parler un moment.
RONDON. Euphéinon? bon ! eh, que pourra-t-il faire?
C'est à moi seul qu'il faut parler.
LISE. Mon père.
J'ai des secrets qu'il faut lui confier ;
Pour votre honneur daignez me l'envoyer;
Daignez... c'est tout ce que je puis vous dire. RONDO.v. A sa demande encur faut-il souscrire?
A ce bonhomme elle veut s'expliquer;
On peut fort bien souffrir, sans rien risquer
Qu'en confidence elle lui parle seule ;
Puis sur-le-champ le cloître, ma bégueule. SCÈNE IV. — Lise.Marthe.
LISE. Digne Euphémon, poufrai-je te toucher?
Mon cœur de moi semble se détacher.
J'attends ici mon trépas ou ma vie.
A Marthe. Écoute un peu. (Elle lui parle à l'oreille.) MARTHE. Vous serez obéie.