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Il n'a rien d'un barbare, et rien d'un imposteur. MÉROPK. Les dieux onlsor son front imprimé la candeur.
Demeurez : en quel lieu leciel vous fll-il naître? ÉGISTHE. En Elide.
MÉROPE. Qu'entends-je! en Èliùe! Ah ! peut-être....
L'Èlide... répondez... Narba$ vous est connu ?
Le nom d'Ègisllie au moins'jusqu'à vous e.^t venu?
Quel était \olre état, votre rani^, votre père'/ ÉGiSTHE. Mon père est un vicilhird accablé de misère ;
Polyclète est son nom : mais Égisihe, ?sarbas,
Ceux dont vous me parlez, je ne les connais pas. MÉROPE. 0 dieux, vous vous jouez d'une triste mortelle!
J'avais de quelque espoir une faible étincelle ,
J'entrevoyais le jour, et mes yeux affligés
Dans la profonde nuit sont déjà replongés.
Et quel rang vos parents tiennent-ils dans la Grèce? ÉGISTHE. Si la vertu suffit pour faire la noblesse,
Ceux dont je tiens le jour, Polyclète, Sirris,
Ne sont point des mortels dignes de vos mépris :
Leur sort les avilit ; mais leur sage constance
Fait respecter en eux l'honorable indigence.
Sous ses rustiques toits mon père vertueux
Fait le bien^ suit les lois, et ne craint que les dieux. WÉROPE. Chaque mot qu'il me dit est plein de nouveaux charmes;
Pourquoi donc le quitter, pourquoi causer ses larmes?
Sans doute il est atTreux d'être privé d'un fils. ÉGISTHE. Un vain désir de gloire a séduit mes esprits.
On me parlait souvent des troubles de Messène,
Des malheurs dont le ciel avait fnippé la reine,
Surtout de ses vertus, dignes d'un autre prix :
Je me sentais ému par ces tristes récits.
De l'Élide en secret dédaignant la mollesse^
J'ai voulu dans la guerre exercer ma jeunesse,
Servir sous vos drapeaux, et vous offrir mon bras:
Voilà le seul dessein qui conduisit mes pas.
Ce faux instinct de gloire égara mon courage :
A mes parents, flétris sous les rides de l'âge.
J'ai de mes jeunes ans dérobé le secours;
C'est ma première faute ; elle a troublé mes jours;
Le ciel m'en a puni : le ciel inexorable
M'a conduit dans le piège, et m'a rendu coupable. MÉROPi;. Il ne l'est point ; j'en crois son ingénuité :
Le mensonge n'a point cette simplicité.
Tendons à sa jeunesse une main bienfaisante:
C'est un infortuné que le ciel me présente.
Il suffit qu'il soit homme, et qu'il soit malheureux.
Mon fils peut éprouver un sort plus rigoureux.
Il me rappelle Égislhe; Égislhe est de son âge :
Peut-être, comme lui, de rivage en rivage ,
Inconnu, fugitif, et partout rebuté,
11 souffre le mépris qui suit la pauvreté.
L'opprobre avilit l'âme et flétrit le courage. ,
Pour le sang de nos dieux quel horrible partage! '
Si du moins...