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SCÈNE VIII.— LE Comte, Nanine, Gebmov

GERMON. Madame vous demande,

Madame attend.

LE COMTE. Eh! que Madame attende.

Quoi ! l'on ne peut un moment vous parler.

Sans qu'aussitôt on vienne nous troubler? NANINE. Avec douleur, sans doute, je vous laisse;

Mais vous savez qu'elle fut ma maîtresse. LE COMTE Non, non, jamais je ne veux le savoir. NAMNE. Elle conserve un reste de pouvoir. LE COMTE. Elle n'en garde aucun, je vous assure.

Vous gémissez... Quoi! votre cœur murmure!

Qu'avez-vousdonc?

NAMNE. Je vous quitte a regret;

Mais il le faut... 0 ciel, c'en est donc fait! {Elle sort,) SCÈNE IX.— LE Comte, Germon.

LE COMTE. Elle pleurait. D'une femme orgueilleuse, Depuis longtemps l'aigreur capricieuse La fait gémir sous trop de dureté ; Et de quel droit? par quelle autorité?

Sur ces abus ma raison se récrie.

Ce monde-ci nest qu'une loterie ■

De biens, de rangs, de dignités, de droits. Brigués sans titre, et répandus sans choix. Hé!

GERMON. Monseigneur.

LE comte. Demain sur sa toilette Vous porterez cette somme complète De trois cents louis d'or, n'y manquez pas, . Puis vous irez chercher ces gens là-bas; Ils attendront.

germon. Madame la baronne Aura l'argent que Monseigneur me donne, Sur sa toilette.

le COMTE. Eh! l'esprit lourd ! eb, non! C'est pour Nanine, entendez-vous?

GERMON. Pardon.

LE COMTE. Allez, allez, laissez-moi. {Germont sort.)

Ma tendresse Assurément n'est point une faiblesse.

Je l'idolâtre, il est vrai; mais mon cœur Dans ses yeux seuls n'a point pris son ardeur. Son caractère est fait pour plaire au sage ; Et sa belle âme a mon premier hommage. Mais son état?... Elle est trop au-dessus; Fût-il plus bas, je l'en aimerais plus. Mais puis-je enfin l'épouser? Oui, sans doute.^ Pour être heureux qu'est-ce donc qu'il en coûte?

D'un monde vain dois-je craindre l'écueil,

Et de mon goût me priver par ors^ueil?

Mais la coulume?... Eh bien ! elle est cruelle;

Et la naiuro eut ses droits avant elle.

Eli quoi! rival de Biaise! Pourquoi non?

Biaise est un homme ; il l'aime, il a raison.

Elle fera dans une paix profonde

Le bien d'un seul, et les désirs du monde.

Elle doit plaire aux jardiniers, aux rois;

Et mon bonheur jusiitiera mon choix.

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