‹ Chefs d'œuvre dramatiquesChapitre 230 sur 284 · SCENE VU. — Oreste, Pvlade · texte numérisé non relu

SCENE VU. — Oreste, Pvlade

OBESTE. V;i, tu verras Oresle à tes pompes cruelles;

Va, j'ensanglanterai la félc où lu m'appelles* PTLADE. Dans tous ces enlreliens (lue je irenib'.o pour vous I

Je crains votre tendresse, et plus voire courroux ;

Dans ses émotions je vois votre âme altiere,

A l'asijecldu tvran, s'élanranl tout entière ;

Tout prêt de T'insuller, tout prôt de vous trahir

Au nom d'Aganieinnon vous m'avez fait frémir. ORESTE. Ah! Clylenuu^ireencor troubie plus mon courage:

Dans mon cœur décliiré quel douloureux partage !

As-tu vu dans ses yeux, sur son front interdit,

Les combats qu'en son ûme excitait mou récit?

Je les éprouvais tous; ma voix était tremblante.

Ma mère en me voyant sellVaie et m'épouvante.

Le meurtre de niotï père, et mes sœurs à venger,

Un barbare à punir, la reine à ménager,

Electre, son tyran , mon sang qui se soulève ;

Que de tourments secrets ! ô dieu terrible achevé !

Précipite un moment trop lent pour ma fureur.

Ce moment de vengeance, et que prévient mon cœur !

Quand pourrai-je servir ma tendresse et ma haine.

Mêler le sang d'Egisthe aux cendres de Plistène,

Immoler ce tyran, le montrer à ma sœur

Expirant sous mes coups, pour la tirer d'erreur? SCÈNE Vin.— Oreste, Pylade, Pammène.

onESTE. Qu'as-tu fait, cherPammène? as-tu quelque espérance? pammène. Seigneur, depuis ce jour fatal à votre enfance,

Où j'ai vu dans ces lieux votre père égorgé ,

Jamais plus de périls ne vous ont assiégé. ORESTE. Comment !

PYLADE. Quoi! pour Oreste aurai-je à craindre encore? PAM.>rÈ.NE. Il arrive à l'instant un courrier d'Épidaure;

11 est avec~Égisthe; il glace mes esprits :

Égislhe est informé de la mort de son fils. PYLADE. Ciel !

ORESTE. Sait-il que ce fils, élevé dans le crime^

Du fils d'Agamemnon est tombé la victime? PAMMÈNE. On parle de sa mort, on ne dit rien de plus ;

Mais de nouveau;c avis^sont encore attendus.

On se tait à la cour, on cache à la contrée

Que d'un de ses tyrans la Grèce est délivrée

Égisthe avec la reine en secret renfermé

Ecoute ce récit qui n'est pas confirmé ;

Et c'est ce que j'apprends d'un serviteur fidèle ,

Qui, pour le sang des rois comme moi plein de zèle.

Gémissant et caché, traîne encor ses vieux ans

Dans un service ingrat à la cour des tyrans. ORESTE. De la vengeance au moins j'ai goûté les prémices ;

Mes mains ont commencé mesjustes sacrifices ,

Les dieux permeltront-ils que je n'achève pas?

Cher Pylade, est-ce en vain qu'ils ont armé mon bras ;

Par des bienfaits trompeurs exerçant leur colère,

Mont-ils donné le fils, pour me livrer au père?

Marchons; notre péril doitnous déterminer :

Qui ne craint point la mon est sûr de la donner.

Avant qu'un jour plus grand puisse éclairer sa r<ige.

Je veux de ce moment saisir lout l'avantage.

TnÉAlIlE CE VOLT. -2

PAMMÈNE, Eh bien! il faut paraître, il faut vous découvrir A ceux qui pour leur roi sauront du moins mourir. Il en est, j'en réponds, cachés dans ces asiles ; Plus ils sont inconnus, plus ils seront utiles.

pyr.ADR. Allons ; et si les noms d'Oreste et de sa sœur. Si l'indignation contre l'usurpateur, Le tombeau de ton père, et l'aspect de sa cendre, Les dieux qui t'ont conduit ne peuvent te défendre ; S'il faut qu'Oreste meure en ces lieux abhorrés, Je t'ai voué mesjours^ ils te sont consacrés. Nous périrons unis, c'est l'espoir qui ine. reste; Pylade à tes côtés mourra digne d'Oreste.

CRESTE Ciel ! ne frappe que moi, mai< daigne, en ta pitié, Proléeer son courage et servir l'amitié.

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