SCENE I. — Gengis, troupe bb Guerriers tartares
GENGIS. Ainsi la liberté, le repos, et la paix, r^' '...'' '.' .' j Ce but de mes travaux me fuira pour jamârs? J
Je ne puis être à moi, d'aujourd'hui je commence f
A sentir tout le poids de ma triste puissance : ï
Je chericbais Idamé; je ne vois près (Je moi r
Que ces chefs importuns qui fatiguent leur roi,
A sa suite. Allez : au pied des murs hâiez-vous de voosrencjro; L'insolent Coréen ne pourra nous surprendre, l'inj
Ils ont proclamé roi cet enfant malheureux, . ; ^^,j-y
Et, sa tête à la main, je marcherai contre eux. j^ .,j'jp
Pour la dernière fois que Zanili m'obéisse ; tiio'/
J'ai trop de cet enfant dilTérô le supplice, ,,. ,,r
// reste seul. Allez. Ces soins cruels, à mon sort attachés. Gênent trop mes esprits d'un autre soin touchés. Ce peuple à contenir, ces vainqueurs à conduire: Des périls à prévoir, des complots à détruire; Que tout pesé à mon cœur en sociot tourmenté l Ah! je fus plus heureux dans mon obscurité ! ./''.
SCÈXE II. — Gengis, Octar.
GENOIS. Eh bien î vous avez vu ce mandarin farouche P
OCTAR. Nul péril ne l'émeut, nul respect ue le louche. Seigneur, en voire nom j'ai rouîi de parler A ce vil ennemi qu'il fallait immoler; r> A
D'un œil d'indifférence il a vu le supplice; Il répète les noms de devoir, de justice ; Il brave la victoire : on dirait que sa voix Du haut d'un tribunal nous dicte ici des lois. Confondez avec lui son épouse rebelle; Ne vous abaissez point à soupirer pour elle; Et détournez les yeux de ce couple proscrit, Qui vous ose braver quand la terre obéit.
GENGIS. Non, je ne reviens point encorde ma surprise: Quels sont donc ces humains que mon bonheur maîtrise? Quels sont ces sentiments, qu'au fond de nos climats Nous ignorions encore, et ne soupçonnions pas? A son roi, qui n'est plus, immolant la nature, L'un voit périr son fils sanscrainte et sans murmure ; L'autre pour son époux est prête à s'immoler; Rien ne peut les fléchir, rien ne les fait trembler. Que dis-je ? si j'arrête une vue attentive Sur celte nation désolée et capti\ e, Malgré moi je l'admire en lui donnant des fers: Je ^ ois que ses travaux ont instruit l'univers; Je vois un peuple antique, industrieux, immense. Ses rois sur Ja sagesse ont fondé leur puissance, De leurs voisins souD)is heureux législateurs, Gouvernant sans conquête, et régnant par les mœurs. • Le ciel ne nous donna que la force en partage; Nos arts sont les combats, détruire est notre ouvrage. Ah! de quoi m'ont servi tant de succès divers ? Quel fruit me revient-il des pleurs de l'univers? Nous rougissons de sang le Çjhar de la victoire. Peut-être qu'en effet il est une autre gloire : Mon cœur est en secret jaloux de leurs vertus, i!-,.. -,; , , Et, vainqueur, je voudrais égaler les vaincus. " -::,^yifi
ocTAR. Pouvez-vous de ce peuple admirer la faiblesséf Quel mérite ont des arts enfants de la mollesse. Qui n'ont pu les sauver des fers et de la mort? ., .. Le faible est destiné poiir servir le plus fort : ,,/t, ,;J:.„. ] Tout cède sur la terre aux travaux, au couragfe; Mais c'est vous qui cédez, qui souffrez un outrage. Vous qui tendez les mains, malgré votre courroux, A je ne sais quels fers inconnus parmi nous ; Vous qui vous exposez à la plainte importune
De ceux dont la valeur a fait votre fortune.
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Ces braves compagnons de vos travaux passés : ,')
Verront-ils tant d honneurs par l'amour effacés? Leur grand cœur s'en indigne, et leurs fronts en rougissent Leurs clameurs jusqu'à vous par ma voix retentissent; le vous parle en leur nom coaimeau nom de lÉtat. Excusez un Tarlare, excusez un soldat ,
Blanchi sous le harnois et dans votre service^ Qui ne peut supporter un amoureux caprice, Et qui montre la gloire à vos yeux éblouis. CENGis. Que l'on cberciie Idamé.
OCTAR. Vous voulez....