‹ Chefs-d'œuvre du Pierre CorneilleChapitre 228 sur 386 · ACTE II, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II

Peut-être mon amour aura quelque avantage

Qui saura mieux que moi ménager son courage.

Mais laissons au hasard ce qui peut arriver;

Achevons cet hymen, s'il se peut achever.

We durât-il qu'un jour, ma gloire est sans seconde

D'être du moins un jour la maîtresse du monde.

J'ai de l'ambition, et, soit vice ou vertu.

Mon cœur sous son fardeau veut bien être abattu ;

J'en aime la chaleur, et la nomme sans cesse

La seule passion digne d'une princesse.

Mais je veux que la gloire anime ses ardeurs.

Qu'elle mène sans honte au faite des grandeurs ;

Et je la désavoue alors que sa manie

Nous présente le trône avec ignominie.

Ne t' étonne donc plus, Charmion, de me voir Défendre encor Pompée et suivre mon devoir : Ne pouvant rien de plus pour sa vertu séduite, Dans mon âme en secret je l'exhorte à la fuite. Et voudrais qu'un orage, écartant ses vaisseaux, Malgré lui l'enlevât aux mains de ses bourreaux. Mais voici de retour le fidèle Achorée, Par qui j'en apprendrai la nouvelle assurée.

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