D. SANCHE, CHIMÈNE, ELVIRE
D. SANCflE.
Obligé d'apporter à vos pieds cette épée. . .
CHIMÈNE
Quoi! du sang de Rodrigue encor toute trempée? Perfide, oses-tu bien te montrer à mes yeux, Après m'avoir ôté ce que j'aimais le mieux? Éclate, mon amour, tu n'as plus rien à craindre ; Mon père est satisfait, cesse de te contraindre; Un même coup a mis ma gloire en sûreté. Mon ftme au désespoir, ma flamme en liberté.
D. SANCHE
D'un esprit plus rassis. . .
CHIMÈNE
Tu me parles encore, Exécrable assassin d'un héros que j'adore? Va, tu l'as pris en traître; un guerrier si vaillant N'eût jamais succombé sous un tel assaillant. N'espère rien de moi, tu ne m'as point servie ; En croyant me venger, tu m'as ôté la vie.
D. SANCHE
Etrange impression, qui, loin de m'écouter...
CHIMÈNE
Veux-tu que de sa mort je t'écoute vanter,
84 LE GID.
Que j'entende à loisir avec quelle insolence
Tu peindras son malheur, mon crime, et ta vaillance?