‹ Chefs-d'œuvre du théâtre allemandChapitre 107 sur 272 · ACTE IV, SCÈNE I. i · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE I. i

Mais si à l'avenir il montrait une extravagante opiniâtreté , alors plus de pitié' ; qu'on le mène au bûcher!... Telle est mon opinion.

( Il retourne à sa place. ) LE HÉRAUT.

Au duc de Brunswik à parler.

ER TC , s'approcliant de la balustrade.

Mon empereur, messeigneurs et mes frères, je suis un franc chevalier ; j'ai vu dans les batailles plus d'un brave combattant , mais aucun aussi ferme que Luther. J'ai une nombreuse parenté , mais, Dieu me pardonne, je la donnerais toute entière pour avoir un tel champion à la tête de ma milice; je donnerais, voyez-vous, jusqu'à ma barbe, si je pouvais sauver Luther; mais j'ai donné ma parole au cardinal, j'en suis fâché au fond du cœur; cependant cette parole, il faut la tenir; c'est pourquoi j'opine pour que Luther soit brûlé.

LE CARDINAL, avec vivacité , au greffier.

Maintenant comptez.

ERIC, de même.

Écoutez : j'ajoute cependant que , si dans mon pays il me plaisait de changer quelque chose aux affaires de l'église , il en sera ainsi sans qu'il appartienne à qui que ce soit, en froc rouge ou en froc noir, de s'en mêler le moins du monde; écrivez cela aussi.

( 11 retourne à sa place. J

i86 LUTHtR,

LE nÉRAUT.

La parole est maintenant au grand-chambellan et électeur de l'empire, l'illustre et gracieux prince margrave Joachim de Brandebourg.

Lv ÉLECTEUR JOACHIM, s approchant de la balustrade.

Grand empereur, mes frères, et vous peuples, vous savez tous que la maison de Hohenzollern a toujours montre' et honoré la constance et le courage; je les honore dans Luther ; mais la force doit rester dans de justes bornes, et en les dépassant ne pas accabler notre patrie de maux. Mon antique famille a toujours été le bouclier de l'empire, je dois l'être aussi, et Luther lui-même ne doit pas aspirer à nous dominer : liberté au docteur, mais au citoyen factieux la mort, qu'il soit ami ou qu'il soit ennemi : c'est à lui de choisir.

(Il retourne à sa place.) LE HÉRAUT.

L'électeur, maréchal héréditaire du saint empire, Frédéric , gracieux prince, et duc de Saxe.

LÉ LECTEUR FRÉDÉRIC, s'approchant de la balustrade.

Empereur, mes frères, et vous peuples, si ma voix jamais vous fut propice , écoutez ce qu'aujourd'hui je dois vous dire dans ma franche et droite loyauté. Vous le savez, la splendeur terrestre ne me tenta jamais, la justice et la paix furent en tout temps mes seules idoles : que les abîmes de la terre m'engloutissent, si jamais pour une des félicités de ce monde je suivais la voie du men-

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