ACTE IV, SCÈNE II. 2o
arts, votre brillante aurore répand la lumière dans l'immensité. C'est à l'amour, à l'amitié, que vous êtes consacrés : la pensée mûrie et la sagesse austère changent en réalités vos illusions ravissantes. »
(Tous les deux se lèvent. Hubert se tait. ) JEAN, s'approchant de The'obald.
Mille grâces pour ton chant de cygne!
Venez.
HUBERT
Il me semblait que ce chant m'était inspiré.
CATHERIN E , priant humblement Luther.
Votre bénédiction , avant de nous séparer.
MÉLANCHTHON, s'e'criant.
Des cavaliers , l'épée nue !
( Entrent trois hommes à cheval, armes de pied en cap , et la visière baissée; ils ont des manteaux rouges et portent des lances. )
PREMIER CAVALIER
Luther, arrête ! tu es prisonnier.
Enfer, triomphes-tu?
MÉLANCHTHON, JEAN et THÉOBALD, se jetant ù genoux dcvani les cavaliers. )
Grâce ! . . . pitié !
HUBERT, courant sur eux.
Audacieux brigands!
LUTHER, se mettant entre les cavaliers el lui
Point de querelle; me voilà!
ao8 LUTHER,
H UBERT , jetant son cor de chasse, casse une forte branche d'arbre, et se pre'ci pile sur les cavaliers. )
Vous me tuerez plutôt.
PREMIER CAVALIER , la lance en arrêt.
Jeune homme, tiens-toi tranquille.
HUBERT , se pre'cipitant sur la lance.
Ha!
(Il tombe blessé. ) PREMIER CAVALIER.
Il paie son audace !
LUTH E R , avec la plus vive douleur.
Voilà la première goutte de sang chrétien qui coule pour moi !
PREMIER CAVALIER
Allons vite !
CATHERINE, tombant avec de'sespoir aux pieds des cavaliers.
Oh ! donnez-moi la mort aussi !
THÉOBALD
Je veux vous suivre!
PREMIER CAVALIER
Cours donc bien fort!
THÉOBALD, avec joie.
Je suis prêt... me voilà!
( Il fuit pre'cipitamment, le premier cavalier le suit. ) MÉLANCHTHON, avec la plus vive douleur, à Luther.
Grand Dieu ! tu vas donc mourir, Luther !