ACTE V, SCÈNE III
des erreurs enfantines fuient loin de nous ; l'aurore de l'art, avec de douces e'motions, se hâte de rejoindre sa fidèle compagne au pied brillant du trône de l'amour ; la raison mûrie lui ôte et lui redonne la vie, lorsque les chants éternels sont réveillés de nouveau par les élans de la foi.
( Il jette suLitement sa flûte et le cierge, l'une se brise, et l'autre s'éteint, il ôte doucement la couronne de sa tête, l'effeuille et la jette à terre. )
FRANÇOIS DE WILDENECK entre précipitamment, avec démence , et
l'épée nue.
Où est Luther ?
(Tous se lèvent.) LUTHER , allant vers ThéoLald dont François s'est approché.
Le voilà.
FRANÇOIS, se jetant sur Luther qui embrasse Théobald.
Eh bien ! tiens !...
( Il veut le frapper , et atteint Théobald qui était resté immobile. ) THÉOBALD.
Je viens. ( Chantant doucement.) O Theou !
Pwsa !
[ Il meurt , on entend dis sons de harpe qui cessent subitement. Tous demeurcnl stupéfaits. )
FRANÇOIS, tressaillant avec effroi.
Ah ! la hyacinthe, l'enfant, son sourire ., la mort! Le destin m'appelle.
(11 sorl précipitamment.) LES PRINCES.
Quel assassinat !
Que vois-je sanglant à mes pieds? {Jetant un grand cri. ) Alexis !
; Il se précipite sur le corps inanimé'.) L'ÉLECTEUR.
Allez, courez après l'assassin ! ( Quelques chevaliers sortent. — L'électeur s approchant de Luther. ) Mon cher Luther !
PLUSIEURS PRINCES
De la force, du courage !
LUTHER , se levant avec pre'cipitation.
Disparaissez, figures aériennes! disparaissez ÎEtesvous des princes, vous? {Montrant Théobald.) Tournez vos yeux de ce côté; c'était là un prince, un véritable prince ! Il était pur, et digne à cause de cela de régner. Ah! vous n'êtes que de vains fantômes! Effacez d'abord de la pourpre qui vous couvre le sang que vous vendez; éloignezvous de cette sainte dépouille! ( Tirant le glaive , et fondant sur eu oc.) Disparaissez, monstrueux enfans de mon imagination; je vous détruis librement comme autrefois je vous créai !
L'ELECTEUR , aux autres princes.
Tout est gigantesque en lui , sa douleur aussi : je connais Luther, il ne peut succomber. ( Bas à l'archevêque de Mayence.) Nous, restons ici; mon ami m'est plus cher que la vie.
( T.Vlocteur et l'archevêque restent dans le fond de la scène sans être aperçus de Luther, les autres princes et chevaliers sortent. )