‹ Chefs-d'œuvre du théâtre allemandChapitre 169 sur 272 · AUX FILS ET AUX FILLES DE L'ALLEMAGNE CO · texte numérisé non relu

AUX FILS ET AUX FILLES DE L'ALLEMAGNE CO

Q uand je viens de me purifier devant le peuple rêve illé, par la confession sincère de mes erreurs et de mes fautes envers lui , je veux encore me détacher de ce poëme d'horreur qui , avant que ma voix le chantât, troublait comme un nuage orageux ma raison obscurcie, et qui, lorsque je le chantais, retentissait comme le cri aigu des hiboux. Puisse-t-il vous révéler, à vous qui, purs encore, n'avez pas fait l'épreuve de la vie, ce qui s'agite et flotte au fond de l'abîme du cœur si facilement irrité, afin que vous soyez en garde contre les péchés mortels, et, comme l'ennemi primitif des hommes les poursuit tous de tentations , contre la malédiction toujours menaçante ici-bas.

Quoique ce poëme ait été tissu dans la nuit , semblable à l'écho du râle d'un mourant, qui, bien que faible, porte la terreur jusque dans la moelle des os, cependant vous devez son apparition au sourire de celui que j'aime à nommer Hélios w, l'image du soleil, parce que la clarté le couronne, et que tandis que j'errais, non encore réconcilié, son rayon m'a réchauffé. 11 est vrai que mes pas doivent désormais beaucoup s'éloigner des siens ; pourtant son regard peut toujours encore m'enflammer, quoique, hélas! mes yeux ne le comtemplent plus, et que je n'ose dire à son œil de flamme, que jamais cœur n'a battu plus fidèlement pour lui.

3o2 PROLOGUE.

Ce poème d'ailleurs, œuvre de la nuit, a pourtant été chanté sur les bords sereins du Léman , qu'environnent les glaciers couronnés de roses. Là, sous les traits d'une femme, errait le modèle de la Grâce ^ ; pourtant depuis que l'oriflamme de la liberté y a été arboré , elle a foulé aux pieds les couronnes des Alpes, elle a fui pour aller briller sur un libre océan. O mon Hélios, qui ne me seras jamais enlevé; et toi, cette Aspasie qui te nommais noble femme , dont le cœur a maîtrisé l'esprit du monde; vous deux qui êtes pour moi plus que tout le reste , vous devez savoir comme le torrent de mes larmes coulait pour vous, car il vous unissait, vous que j'aime, dans une même source...

Pour vous, fils et filles de la contrée qui doit être le centre de la force et de la vérité ranimées, vous, gardiens du sublime palais de l'avenir, si vous voyez l'Hélios de la lumière allemande éclairer avec majesté les confins du monde à son déclin , rendez-lui grâce et adorez son empire. Entendez-vous sonner les trompettes triomphales? pensez que c'est celui qui, dans ces temps primitifs dont on se rit maintenant, a illuminé vos yeux, qui aujourd'hui s'enflamment pour Dieu. «Au commencement était le A'erbe? » vous l'avez lu. Le maître suprême, il est vrai, maîtrisera les maîtres; pourtant un étroit et servile esprit d'écolier ne devra pas s'emparer d'eux (4).

Et vous fils pieux de l'Allemagne et filles spirituelles, si vous pensez que l'Allemagne doive de nouveau être l'Allemagne, c'est-à-dire, la terre d'explication de l'histoire du inonde (5) , alors pensez à cette femme qui , née dans une terre étrangère , a cependant réveillé nos gardiens, et imitez-moi, moi dont les avis vous ont

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