SCENE III
Oh! cette main! Oh ! permettez que je la baise !
KUNTZ.
Cessez. Cette main, elle n'est pas sainte; elle est souillée, et prompte à faire le mal. Si aucune malédiction ne pèse sur vous encore, évitez-la.
KURT, à part.
Un lien puissant tient enchaînées les cruelles paroles de mon père.
KUNTZ.
Çà, vous êtes fatigué; allez vous coucher là-bas, et souffrez la faim et le froid de compagnie avec nous.
KURT
Qu'à cela ne tienne ! J'ai ma gibecière pleine ; il y a du rôti et du pâté , un flacon de kirschwasser et deux bouteilles de vin.
( Il tire les provisions de sa gibecière , et les met sur la table. ) KUNTZ.
Vous m'avez l'air d'un riche dissipateur !
KURT
Chacun vit comme il peut, et comme il doit. Allons, asseyez-vous; mère Trude, venez par ici.
( Ils se mettent tous à la table. ) TRUDE.
D'où savez- vous mon nom?
Il y a une quantité de Trudes dans ce pays-ci...
KUNTZ, à part.
Un singulier oiseau de nuit !
KURT, à part.
Comment échapper au combat de la douleur et de la joie ?
KUNTZ, à part.
Vraiment étrange !
KURT, à part.
Comme mon cœur me pèse ! ( Haut. ) Monsieur l'hôte , je bois à votre santé : faites-moi raison.
( Il tire de la gibecière trois gobelets , et les emplit , ce qu'il réitère dans le courant de la scène autant de fois que le verre de Kuntz , qui boit beaucoup, se trouve vide.
KUNTZ.
Ce n'est pas juste que le maître de la maison vive aux dépens de son hôte.
TRUDE
Monsieur est bon , et te le donne volontiers. Oh î puisse ton coeur actuellement retrouver la paix!
KUNTZ.
C'est bon. A une lin bienheureuse !
KURT
A la réconciliation !... Pour cela, donnez -moi la main !
0 malédiction, détourne-toi!
KURT, à part.
Détourne-toi , malédiction !