‹ Chefs-d'œuvre du théâtre allemandChapitre 183 sur 272 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

KUNTZ.

Détourne-toi!...

TRUDE

Comme il réchauffe le cœur, ce jus des raisins long-temps regrette' ! comme il me fait du bien !

■ KURT

A présent, mangez-donc; voilà du jambon, du saucisson, une poule ; cela fera du bien à votre estomac, que l'âge affaiblit.

TRUDE

La poule, je n'en mangerai pas.

KURT

Ah!... je n'ose non plus en manger!

KUNTZ.

Pourquoi?

KURT

Eh bien !... servez-vous donc.

KUNTZ.

Non... Cependant, si vous me le permettez, je m'en tiendrai au vin ; il réchauffe !

KURT

Vous devriez-bien me prêter une chose, petite mère : c'est un couteau ; j'ai perdu le mien en chemin.

KUNTZ.

Apporte-le ici.

(Ti'iule dùcrocli* le grand couteau suspendu à un clou, et le remet à Kurt , eu se rasseyant à la table.)

KURT

Celui-ci!... N'en avez-vous point un autre?

TRUDE

Non; c'est le seul que nous ayons.

KURT, à paru

La tache de sang y est toujours empreinte... Ah ! si je n'étais pas ne' malheureux !...

KDNTZ.

Remarquez-vous cela aussi?

KURT

Quoi ? la tache de sang ?

KUNTZ.

Une tache de sang ? hem ! Que cette tache soit une tache de sang , qu'en savez-vous ?

Non... seulement la lame me paraît rougeâtre.

KUNTZ.

Versez donc, monsieur mon convive! le passé est passé... Ce serait folie que d'y penser!

KURT

Buvez ! Au bonheur de votre fils , si vous en avez un encore !

TRUDE

Oh!

KURT

Chère mère ! . . .

KUNTZ.

C'est assez;... il est arrivé au terme. Que le ciel nous marque aussi le terme qui nous convient ! . . .

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