‹ Chefs-d'œuvre du théâtre allemandChapitre 184 sur 272 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

TRUDE

Et non celui que nous méritons!...

KURT

A une fin bienheureuse, qui expie toute malédiction!...

KUNTZ.

J'ai déjà bu à cela. Vous me paraissez un singulier convive : avec votre couteau de chasse et vos pistolets de ceinture, vous ressemblez à un chasseur. Comment la nuit vous a-t-elle surpris ici ?

Je venais de Kanderstœg ; je m'étais proposé d'être demain à Leuk; c'est pour cela que j'ai doublé le pas.

KUNTZ, lui présentant la main et serrant la sienne.

Alors, mon cher compatriote, nous ferons demain le chemin ensemble.

KURT

Votre main est aussi froide que la mort !

KUNTZ.

La craignez-vous?

KURT

Non; souvent elle m'a menacé de près J'ai été

soldat.

KUNTZ.

Trinquons, camarade, au corps helvétique ! j'en étais!... je sais ce que c'est!... Vous allez me raconter quelque chose de vos combats: il faut aussi, moi, que je prépare mon courage pour un combat!...

KDRT.

Vous aviez un fils?...

KUNTZ.

Brisons là-dessus.

Il s'est perdu tout enfant.

KUNTZ.

Tais-toi!... n'en parlons plus.

KURT

Si je dois vous faire mon récit, commencez, vous, par m'en donner l'exemple... Je suis souvent venu dans cette maison. Dans tout le district de Leuk, il n'y avait pas d'hôtellerie à comparer à celle de Schwarrbach.

KUNTZ.

Ah ! diable ! vous savez tout !

KURT

Maintenant tout paraît bien pauvre ici. Vous parlez de besoin,... de misère?

KUNTZ

Quel inte'rêt pour vous?.... Trinquons! à la guerre !

KURT

Comment donc êtes-vous tombe's si bas ?

KUNTZ.

Eh bien! puisque déjà vous en savez tant,... soit! vous avez été vous-même soldat , camarade ; vous savez ce qu'un homme peut supporter, et, quand il est offensé, ce qu'il peut commettre.... Mais vous

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