SCÈNE III
K U R T , sur le point de se précipiter à ses pieds.
Oh!
KUNTZ.
Point de grimaces, monsieur; nous ne nous épouvantons pas si facilement. Allez vous coucher; bonne nuit. Vous pouvez aller vous étendre dans ce petit cabinet.
Je viens de vous arranger une bonne litière.
KURT
Voudriez-vous bien me réveiller demain à huit heures ?
KUNTZ.
Si ce n'est pas moi qui vous réveille, ce seront au moins les archers qui viennent demain me chercher pour me conduire en prison.
KURT
Dieu de miséricorde!
KUNTZ.
C'est, je crois, aussi le cri des corneilles (5)?
KURT
A quelle heure viennent les archers?
KUNTZ.
Vous aurez déjà fini de dormir; à huit heures.
KURT
Oh ! alors réveillez-moi à sept heures.
KUNTZ.
11 paraît que vous n'aimez pas à avoir affaire avec la
justice? Elle a peut-être été' mainte fois sur vos
traces ?
KDRT, à pari.
La douleur et la joie irritent mes nerfs, et m'interdisent le sommeil.
KUNTZ.
Eli bien! allez donc vous coucher.
KURT
Bonne nuit !
KUNTZ.
C'est bon.
KUHT.
Tout va bientôt s'e'claircir , et l'erreur et la malédiction.
TRUDE
Dormez en paix.
( Elle allume lalaatcrue de Kuntz à la lampe qui se trouve sur la table, et la remet à
Kurt.}
KUNTZ.
Et faites le signe de la croix de peur du malin.
( Kurt entre dans le cabiuet avec la lanterne. ) TRUDE.
Il s'éloigne.
KUNTZ.
Arrange un peu la table. Ce repas était bien comme le dernier qu'on donne au criminel avant son exécution. J'espère que demain tout sera fini, les folies et les tourmens de ce bas monde.
( Il s'assied dans le fauteuil à côté de la laide . )