‹ Chefs-d'œuvre du théâtre allemandChapitre 216 sur 272 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

La scène est dans la chambre d'Hugo.

HUGO , richement habillé et couche' sur un sofa ; sur la table des bougies presque entièrement consume'es. Après quelques secondes IERTA entre.

IERTA.

Chasseur sauvage, peut-on te voir enfin? es -tu encore couvert de sang ?

HUGO, sans se lever.

On n'en aperçoit plus aucune trace.

IERTA.

Tu semblés fatigué , mon frère.

HUGO

Oui , grâce à Dieu... C'est le corps qui trouble la paix de lame, qui l'agite de craintes et d'espérances. Je chasse pour épuiser mes forces ; je n'ai de repos qu'à ce prix.

IERTA, montrant son cœur.

Autrefois tu en avais toujours là.

4o4 L'EXPIATION,

HUGO

Autrefois, . . ; oui, . . . autrefois. . . (77 se perd dans la rêverie , et dit :) Qui pourrait le de'couvrir ?...

IEfiTA.

Découvrir... quoi ?..

HUGO

Oh! rien... L'art de rappeler le temps passé... de faire qu'autrefois fût aujourd'hui... et qu'aujourd'hui fut le néant W !... ( Après un silence. ) Où est Elvire ?.. Ne vient-elle pas ?.. Jadis , quand je rentrais, elle accourait joyeuse au-devant de moi.

IERTA.

Tu ne lui rends pas justice... Tout à l'heure elle était en proie aux plus cruelles alarmes parce que tu n'étais pas de retour.

HUGO

Et que craint-elle encore?.. Je suis de retour; que ne vient-elle près de moi ?

IERTA.

Son àrae est agitée , profondément agitée du terrible récit que nous a fait ton piqueur.

HUGO

Quel récit ?

IERTA.

Le combat que tu as soutenu corps à corps contre un sanglier. Nouveau Samson , tu as terrassé le monstre de tes propres mains.

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