‹ Chefs-d'œuvre du théâtre allemandChapitre 24 sur 272 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

CATHERINE

C'est que.... Mais permettez que j'aille prier.

( Elle traverse le parloir el retourne à l'autel. ; LE CONSEILLER.

C'est un cœur de fer que cette femme !

LE SECRÉTAIRE, à l'abbesse

Est-elle toujours de même?

L'ABBESSE

Toujours ; elle ne fait jamais que ce qu'elle veut, et elle ne veut jamais que ce qui est bien.

LE CHANCELIER

Madame l'abbesse, la se've'rité ne sied pas aujourd'hui ; mais vous, en qualité de mère, vous devriez enseigner une conduite plus convenable à celle que vous devez regarder comme votre fille.

L'ABBESSE

Vous ne la connaissez pas. La vocation divine agit seule sur cette âme si pure; elle n'entend que ce que Dieu lui dit ; et, soyez-en persuadé, elle ne croit jamais entendre plus qu'il ne dit.

LE CHANCELIER

Vous le voyez, je prie lorsque je peux ordonner.

L'ABBESSE

Eh bien!.... ( Appelant à travers la grille.) Venez à nous, ma fille.

CATHERINE, entrant une seconde fois dans le parloir et s'approebant de l'abbesse.

Et vous aussi , vous voulez donc me tourmenter ?

4o LUTHER,

L'ABBESSE

Otez ce voile. ( Montrant les nonnes encore présentes. ) Nous aussi , nous y sommes résignées: que celui qui l'ordonne ainsi en réponde là-haut; quant à nous , c'est à la contrainte que nous cédons.

CATHERINE

Oui , que Dieu juge nos actions : mais il a mis dans mon cœur une lumière dont il m'est impossible de ne pas suivre la trace.

L'ABBESSE

De grâce, obéissez.

CATHERINE

Ne m'avez-vous pas enseigné vous-même qu'il fallait obéir à Dieu de préférence aux hommes?

LE CHANCELIER

La sagesse des princes est la parole de Dieu.

CATHERINE

Dieu commande-t-il le parjure ?

LE CHANCELIER

Tous les vœux sont sacrés, hormis les vœux criminels; ils portent avec eux les germes de la mort.

CATHERINE

Criminels! Oh! l'entends-tu, ma mère?

LE CHANCELIER

Oui, c'est l'être que de résister aux lois éternelles; la force donne à la douceur une perfection divine, et la douceur à son tour orne la force sauvage du charme des traits gracieux; la fleur périt

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