ACTE III, SCÈNE III
HUGO
Il est trop vrai, chevalier ; les parens d'Ierta me reçurent des hommes et non du ciel.
VALEROS, avec curiosité.
La maison dOErindur vous reçut en pre'sent
Et connaissez-vous vos parens ?
HUGO
Non.
VALEROS, à lerta , avec instance.
Votre mère était-elle Allemande ?
IERTA.
Non.
ELVIRE, à Valéros.
Vous semblez vivement touche' de cette circonstance.
VALÉROS.
Une aventure semblable,... un soupçon qui s'était forme' tout à coup, et que ces peintures semblaient rendre probable... Mais ce n'est rien.
HUGO
Il se pourrait cependant... Faites-nous part de cette aventure.
VALÉROS.
Il est impossible que...
HUGO
Je vous en supplie ! vous avez parle' de ces paysages. C'est précisément dans ce lieu, dans la vallée de Baréges, que repose le secret de ma naissance. J'ai vainement suivi les traces qui pouvaient me le
faire découvrir; peut-être ce que vous savez rendrait mes recherches plus heureuses. Si cet espoir ne vous paraît pas fonde , daignez cependant m'en faire juge moi-même.
VALÉROS, troublé.
Il m'est pénible de révéler la faute d'une mère dénaturée.
ELVIRE
Vous pouvez nous cacher son nom.
VALÉROS.
Eh bien! je veux vous satisfaire.
Laure , épouse d'un gentilhomme , élevée dans le sein de la superstition, toujours dominée par ses terreurs, aimait jusqu'à l'idolâtrie son fils aîné.
HUGO
Était-elle Espagnole ?
VALÉROS.
D'une maison castillane.
Eh bien ! vous le voyez : jusqu'ici le rapport est exact.
VALÉROS.
Elle était enceinte de nouveau, et portait son premier-né dans ses bras, lorsqu'un jour, se promenant près de Talavera , elle rencontra une Bohémienne, qui vivait, ainsi qu'un grand nombre d'autres dans le pays , de rapines , d'aumônes et de la misérable industrie commune aux femmes de sa nation. Laure, blessée de son insolence, lui refusa le don qu'elle avait demandé, et la mendiante fu-