ACTE III, SCÈNE III
qu'elle s'était privée d'un autre Otto. Elle avait brûlé, sans les lire, les lettres qu'elle recevait de son amie, de la nouvelle mère de son fils ; elle ne voulait plus rien entendre qui lui rappelât cette action dénaturée, qui pût exciter son repentir. C'est ainsi que je perdis mon fils, que Carlos perdit un frère.
HUGO, avec la plus grande inquic'tuda.
Arrêtez... n'ajoutez pas une parole!
IERTA.
Comte, qu'avez - vous ?
ELVIRE, courant à lui.
Qu'est-ce donc , Hugo ?
HUGO
Ne m'interroge pas ; tu vas tomber dans un précipice profond comme l'enfer.
Craindriez-vous d'être mon fils?
HUGO, cherchant à dompter son effroi.
Non ! cela n'est , en vérité , pas possible ! . . . Cette dame qui emmena l'enfant , la connaissez-vous ?
VALÉROS.
Sans doute.
HUGO
Et l'avez-vous cherchée en Allemagne ?
VALÉROS.
Oui ! elle était morte depuis bien des années ; mais ( chose étrange ! ) personne dans sa maison n'avait entendu parler de mon enfant, de son séjour
clans les provinces espagnoles , aux bains des Pyrénées , et un portrait qu'on m'a montré , comme le sien, avait peu de ressemblance...
HUGO, le regardant fixement.
S'il était vrai !
VALÉROS.
Se pourrait- il ?
1ER TA, vivement.
Oui, cela se peut. Ma mère, pendant son voyage en Espagne, déguisait son nom véritable, et portait, le comte le sait bien, celui d'une maison allemande.
VA LÉ R OS
Aurait-elle, pendant plusieurs années, caché son nom à son amie ?
IERTA,
Elle était protestante , alliée à une couronne protestante.
VALÉROS.
Ah ! sans doute , en ce cas , elle ne pouvait sans danger se faire connaître en Espagne.
IERTA.
Et vous dites que Laure a brûlé, sans les lire, les lettres qu'elle reçut de son amie ?
VALÉROS.
Oui, je vous l'ai dit.
IERTA, avec joie et vivacité'.
Ne m'abusé-je point ?( A Hugo. ) Savez-vous, comte, quel nom Hanna , ma mère , portait dans ses voyages?