ACTE III, SCÈNE III
HUGO, avec violence.
Non!
VALÉROS.
Hanna! c'était le nom de baptême de votre mère ?
IERTA.
Oui! J'ignore si elle l'avait aussi déguisé.
VALEROS, avec une grande émotion.
Dieu! le dois-je croire ? l'amie de ma femme se nommait Hanna,... Hanna, comtesse de
HUGO, l'interrompant avec la plus violente e'motion.
Non ! non ! non ! ne le prononcez pas,... pas en ce moment!... Ne le prononcez pas en ce moment!... {Tous le regardent avec ctonnenient.) Oh! cela serait effroyable !
IERTA.
Le nom ne pourrait rien éclaircir , puisque le comte Hugo ne sait pas celui que ma mère portait en Espagne;... mais que vos propres yeux décident. (Elle ouvre une porte et la montre à Fale'ros.) Regardez dans ce cabinet, regardez le portrait de ma mère.
VALÉROS. Il entre en criant :
Dieu du ciel ! la comtesse de Salm.
(lerta le suit. ) HUGO.
Montagnes, écrasez-moi pour me cacher!
ELVIRE
Hugo ! pour l'amour de Dieu , qu'avez-vous ?
V A L E R O S , transporté de joie , rentre avec Ierta.
Oui, c'est elle ! OErindur, tu es Otto ! tu es mon fils!
(Il veut embrasser Hugo , qui le repousse en se détournant. )
Remettez-vous, comte; la chose est évidente.
HUGO , dune voix étouffée.
Évidente! Ah! oui, l'enfer est ouvert; et à la clarté de ses flammes on reconnaît sur la terre la trace que sillonna la marche du démon !
VALÉROS.
OErindur, je demeure devant vous confondu.
ELVIRE
Homme , que sais-tu donc de plus ?
HUGO
Oh ! ce que je sais te tuera! Et cependant.... le coeur de l'homme n'a pas de place pour y cacher un tel secret.
IERTA.
Parlez , vous devez tout découvrir.
HUGO
L'enfer connaît les âmes superstitieuses , il les obsède de terreurs; des songes , des prédictions troublent les sens , confondent la raison , et le malheur annoncé nous frappe parce que nous avons voulu l'éviter. {D'un ton solennel. ) Ma mère, une partie de la faute est à toi , tu en répondras devant le juge !