‹ Chefs-d'œuvre du théâtre allemandChapitre 251 sur 272 · ACTE IV, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE III

patis à tes douleurs. Auras-tu le courage de te séparer de lui?

ELVIRE, effrayée.

Dieu!

Tu es effrayée ?

ELVIRE, avec empire sur elle-même.

Mon cœur déchiré se soumet à ma conscience ; son action a rompu nos noeuds : je ne le verrai plus.

IERTA.

Bien! alors j'espère le sauver.

ELVIRE

Le sauver? Qu'est-il donc arrivé? est-il en danger?

IERTA.

Tu le demandes ? pourrait-il vivre, tourmenté de remords?

ELVIRE

Et les remords s'apaisent-ils après une telle action ?

IERTA.

Les hommes s'élèvent comme ils s'abaissent, par leurs œuvres. Si Hugo forme une entreprise généreuse, la gloire du succès lui rendra ce qu'il a perdu.

ELVIRE, ranimée.

Comment ?

IERTA.

Un ennemi redoutable, protégé par les flots de l'Océan , occupe les possessions éloignées de notre

46o L'EXPTATION,

souverain. Déjà la flotte est préparée; elle attend dans nos ports le chef que le roi choisira pour châtier les ravisseurs , pour reconquérir nos provinces. Une carrière est ouverte pour la gloire ; que le comte Hugo...

ELVIRE

Ah! pourrait-il?...

IERTA.

Il s'est déjà fait connaître pour un héros, en combattant sous Edwin. Le duc, mon oncle, à qui j'adresse aujourd'hui cette lettre, sollicitera pour Hugo le commandement de l'armée.

ELVIRE

Y consent-il ?

IERTA.

Il y consentira. N'est-ce pas la mort qu'il désire ? il en peut trouver une glorieuse.

ELVIRE, épouvantée.

Dieu du ciel î Non , il ne me quittera pas.

IERTA.

Comment ! vous vouliez ne plus le revoir, et maintenant...

ELVIRE

Je voulais cela ! l'ai-je dit? Ah ! j'étais insensée si j'ai dit que je le voulais. Je le devrais, et c'est là mon supplice ; ma volonté ne peut se soumettre à mon devoir. Barbare, parce qu'il ne peut t'appartenir, tu veux l'envoyer à la mort.

IERTA , avec grandeur.

A la mort ! l'étoile du nord qui guide le voyageur

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