‹ Chefs-d'œuvre du théâtre allemandChapitre 27 sur 272 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

L'ABBESSE, à Thérèse fortement e'mue

Fille chère et sacrée! — Et toi aussi?...

THÉRÈSE

11 le faut.

(L'abbesse l'embrasse avec tendresse, puis quitte la scène avec les autres religieuses. ) FRANÇOIS DE WILDENEK , entrant avec précipitation.

Est-elle ici?

CATHERINE , effraye'e et hors d'elle-même.

Dieu ! François !

LE CHANCELIER, tirant Wildenek à part.

Ma tâche est remplie : c'est à vous maintenant à remplir la vôtre ; et puissiez-vous être plus heureux que moi.

(Il lui dit encore quelques mots bas, puis il sort avec le conseiller et le secre'taire. François reste dans le fond de la scène. )

CATHERINE, à part, les yeux attache's sur lui.

Serait-ce l'amour qui porte ici ses pas?

THÉRÈSE

Qu'est-ce que l'amour , si ce n'est la prière ?

CATHERINE

Chez nous, sans doute, mon enfant, mais pas chez tous.

THÉRÈSE

Comme ils te tourmentent, ces hommes implacables!

CATHERINE

Hélas! ils ne savent rien de mieux ! Leur amour même est destructeur; ils ne sont pas capables de faire autrement.

FRANÇOIS, s'avançant vers Catherine.

Vous restez donc dans la retraite? Vous m'arrachez le dernier fruit de longues années d'attente.

CATHERINE, cherchant à se contenir , et avec beaucoup de douceur.

Comment cela va-t-il , Wildenek ?

FRANÇOIS

Comme un banni , puisque je suis repousse' du trône de l'amour.

CATHERINE

Il y a sept ans que je vous vis pour la dernière fois aux vêpres de la veille de l'Ascension. Le lendemain je reçus des mains de lévêque le voile sacré.. . Quel est votre sort , Vildenek ? avez-vous enfin choisi une compagne digne de vous?

Ah ! raillez le malheureux auquel vous avez fait souffrir vin si long supplice.

CATHERINE

Toujours le même langage. Pauvre ami! tiens, Thérèse , voilà ce que dans le monde ils appellent de l'amour.

THÉRÈSE

Quel triste amour, et qu'il est bien plus aimable dans nos paisibles cellules !

CATHERIN E, avec beaucoup de sensibilité, à François.

Ami de ma jeunesse, pauvre malheureux, dismoi donc ce que tu es devenu depuis si long-temps.

FRANÇOIS

Quoi ! tu encore ? Ah ! tu es semblable à la divinité , mais insensible comme un rocher.

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