‹ Chefs-d'œuvre du théâtre allemandChapitre 270 sur 272 · SCÈNE XL · texte numérisé non relu

SCÈNE XL

Les précédens, IERTA, VALÉROS et OTTO, entrant précipitamment.

1ER TA. Elle s'élance vers Hugo , et saisit son bras gauche.

Comte ! que voulez-vous faire ?

HUGO, laissant tomber le poignard sanglant.

Tout est fini, niais (8)... je l'avais frappe' plus sûrement...

( Il tombe , et reste assis sur le fauteuil. ) IERTA. Elle recule en voyant tomber le poignard.

Ah!

VALÉROS.

Mon fils! c'est moi que tu as frappé.

IERTA, se remettant promptement. Elle s'approche du blessé.

Y a-t-il encore de l'espoir de te sauver?

HUGO

Non , les douleurs du corps délivrent des peines de l'âme.

OTTO, en arrière de quelques pas.

Pauvre comte !

IERTzl, avec des sanglots retenus. Elle appuie son front sur la tête d'Hugo.

Mon ami ! mon frère !

OTTO. Il aperçoit Elvire.

Jésus Maria! ma mère! Voyez ! voyez donc! ma mère couchée dans son sang.

v II se jelte à genoux près d'elle.)

Dieu!

VALÉROS, vivement.

Qui l'a tuée? je ne vois qu'un poignard sanglant sur le plancher.

Le poignard est celui d'Elvire.

VALÉROS, à Hugo.

Homme ! est-ce encore toi ?

ELVIRE, avec effort.

C'est moi, moi-même.

VALEROS, avec instance.

Est-il Lien vrai?

EL VIRE, se levant à moitié et avec des regards sereins.

Aussi vrai que le son de cette harpe , sur laquelle je repose ma tête, s'élève et plane dans les airs.

( Elle retombe sur sa liarpe, et expire; sa main glisse sur les cordes : on entend un son doux et prolongé.)

OTTO

Ma mère! c'est ainsi que j'ai vu ton visage dans mon rêve.

( Il se penebe sur elle. ) VALÉROS, àHugo.

Mon fils, pardonne ce soupçon.

HUGO

Le soupçon, les ténèbres sont sur la terre, la lumière est là.

( Il lève les yeux vers le ciel. )

Page 1