ACTE IV, SCÈNE XI
Oh ! fallait-il que je vinsse t'apporter la mort!
HUGO, d'une voix défaillante.
Conduisez nos corps... en Espagne... auprès de lui, car... il nous a pardonné... {En extase.) Je le vois,... il retient l'épée de la justice. Il nous sourit... ( D'une voix plus élevée. ) Mon âme est libre , elle abandonne ma dépouille.
(Il tressaille et expire. ) IERTA , au milieu du the'âtre , après un silence et avec enthousiasme.
La mort ne peut rien sur son âme, c'est elle que mon cœur aimait, je la verrai briller parmi les étoiles du soir.
VALÉROS.
Si lame quitte la douleur en quittant la terre, donnez-moi ce fer : que je lui doive la liberté.
( Il saisit le poignard ; Ierta l'arrache de ses mains. ) IERTA, avec gravité.
Chevalier! soyez homme... Ne voyez-vous pas cet enfant?
VALÉROS.
Si vous l'avez aimé , pourrez-vous vivre encore ?
IERTA.
Je suis chrétienne, l'être faible ou coupable se donne seul la mort. Vivez pour l'enfant de votre fils, il a besoin de vous.
( Vale'ros se penche sur le coq» d 1 1 1 Théâtre Allemand. 32
/l9o L'EXPIATION, ACTE IV, SCÈNE XI.
OTTO, se relevant d'auprès de sa mère.
Dieu! pourquoi,... pourquoi ces malheurs sontils arrivés?...
IERTA, avec calme et dignité.
Quand les astres se cachent ou paraissent sur l'horizon , en demandes-tu la cause ? Subis avec résignation les événemens de la vie, les causes te seront révélées dans l'éternité.