‹ Chefs-d'œuvre du théâtre allemandChapitre 48 sur 272 · ACTE II, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I

de Wetzlar (29) ! Martin , est-ce le de'mon qui te tourmente? Martin!

MÉLANCHTHON, à Luther.

Cher ami, reviens à toi.

THÉOBALD, mystérieusement.

Il ne le peut pas, l'esprit divin ne l'a pas encore quitté.

MÉLANCHTHON, le prenant dans ses bras.

Reviens à toi; vois ton ami, tes parens, qui t'attendent pour t'embrasser.

Comme il ferme le poing ! il commence à se mouvoir; il vit, Dieu soit loué !

THÉOBALD

Ah ! c'est quand il se trouve ainsi , qu'il est plein de vie, et de la meilleure santé.

( Luther sort lentement toujours les yeux fixes et comme à moitié endormi , et se rend sur le devant de la scène : les autres le suivent , mais restent groupés derrière lui. )

LUTHER, très-solennellement et d'une voix un peu étouffée, sans remarquer personne.

Dieu soit loué ! le vingt-deuxième est achevé aussi. ( Il montre un feuillet et lit très-lentement. ) « Je veux, » Seigneur, proclamer ton nom au milieu de mes » frères ; te célébrer dans la communauté des fidèles. » Ils viendront autour de moi et annonceront d'a- » vance la justice aux peuples qui sont à naître en- » core. »

(Il laisse tomber sa main avec le fcuillcl ,<t est de nouveau absorbé dans la méditation.)

8o LUTHER,

MARGUERITE, à demi-voix.

Comme il est devenu robuste et viril! Martin, ne reconnais-tu plus ta mère?

( Elle veut s'approcher de lui , Jean Luther la retient. ) JEAN.

Laisse-le revenir à lui ; il a produit au jour un beau filon d'or; il ne peut pas le laisser se perdre pour nous.

LUTHER , pendant ce temps, s'est jeté tout e'puisédans un fauteuil ; d'une voix trèsfaihle à Mélanchthon qui s'est approche'.

Est-ce toi , mon cher Philippe ? ah ! que je suis charmé de te voir ! je suis un peu fatigue' de traduire, mais du moins, cela m'a bien réussi : le psaume est achevé et bien achevé ; tiens, regarde. ( 77 donne le feuillet à Mélanchthon, qui le lit-, ensuite il dit d'un ton caressant à Théobald , qui se tient près de lui. ) Tu étais là aussi, mon pauvre enfant; tu as été obligé d'attendre bien long-temps le souper ?

THÉOBALD

Mais il y a déjà trois jours que vous êtes là-dedans.

En vérité? mais n'importe, je n'ai pas perdu

mon temps. {A Mélanchthon qui lui rend son feuillet. ) N'est-il pas vrai que cela est bien ?

MÉLANCHTHON

Comme si Dieu même l'avait dicté.

Tais-toi donc, tu blasphèmes.

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