‹ Chefs-d'œuvre du théâtre allemandChapitre 75 sur 272 · ACTE III, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE I

trême ses prétentions audacieuses. Je ne suis que duc; mais je ne me laisserai pas fouler sous ses pieds comme jadis l'empereur Henri. Telles sont mes paroles , retenez-les.

UN CHEVALIER, au cardinal.

Nous ne sommes pas aussi stupides qu'autrefois, seigneur.

UN AUTRE, de même.

Le temps n'est plus, où avec des croix rouges vous saviez nous extorquer nos biens et nos trésors.

LE CARDINAL, s'efforçant de se contenir.

La politesse ne répond aux discours offensans que par le silence.

ALBRECHT

Très -bien, monsieur le légat, l'urbanité des moeurs remplace trop souvent en effet la franchise et la bonté; affublez un chou d'un bonnet, et de loin il ressemblera à une tête humaine.

L'ELECTEUR, qui pendant ce temps a parleras à Spalatinus, lui dit presque haut :

Impossible !

SPALATINUS, de même.

C'est comme je vous le dis, je crains qu'il ne vienne.

L'ÉLECTEUR

Le danger pressant...

SPALATINUS.

En effraierait d'autres; il aiguillonne Luther: ne le connaissez-vous pas?

i32 LUTHER,

L'ÉLECTEUR, douloureuse™™ i

ODieu!

LE CARDINAL, s'appi-ochant de l'électeur qu'il avait déjà précédemment observé.

Votre altesse paraît incommodée , pâle.

L'ÉLECTEUR

C'est la couleur de ma mère, monsieur le légat.

LE CARDINAL

Comment dois-je entendre cela?

L'ÉLECTEUR

Je vois pâlir ma patrie par la fureur des factions. Fidèle Germain , puis-je conserver du calme et de la sérénité' (43-> ?

LE CARDINAL

Difficilement , sans doute ; mais l'église et l'empire espèrent que votre sagesse pourra les guérir...

L'ÉLECTEUR

Ah ! si je le pouvais !

LE CARDINAL

C'est de vous surtout qu'ils attendent cette cure j et d'autant plus que, presque entraîné par l'excès d'une noble générosité, vous avez laissé s'étendre de toutes parts les racines d'un mal affreux qui dévore et empoisonne le pays.

L'ÉLECTEUR

Vos discours sont trop savans pour moi, trèspuissant seigneur.

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