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ACTE III, SCÈNE I. H

la croix par un loup; et les funérailles du renard sont éclairées, par qui? remarquez-le bien; par un petit lièvre qui porte un flambeau.

CHARLES, regardant en souriant.

Un âne qui dit la messe? Un autre ne le ferait pas.

DU BOSSU

Ne dites pas cela, mon empereur! car, voyezvous, je ne donnerais pas la chasuble et le calice pour nos deux marottes, à nous.

CHARLES, vivement.

DU BOSSU, jetant un coup d'oeil sur le médaillon qui est à droite.

Croyez-vous donc que ce soit une même chose, que le pélican nourrisse ses petits du sang qu'il tire de sa poitrine , et qu'un loup de sa gueule impure boive le sang d'un pauvre agneau? Le soleil qui nous éclaire serait donc un astre de ténèbres?

CHARLES

Courage , mon fou ; courage !

DU BOSSU

Le diable rit lorsqu'il voit les noires griffes de l'ours sous la blanche chasuble.

CHARLES

Tu vois tout à travers des lunettes noires.

DU BOSSU

N'avez-vous pas été à Rome? n'y avez-vous pas

i5o LUTHER,

rencontré l'animal carnassier avec ses longues oreilles et ses quatre pâtes ? Il cache celles-ci sous les bas rouges, et ses oreilles sous la calotte.

CHARLES

Hom!

DU BOSSU

Et si vous l'avez vu, croyez-vous que le bon Dieu n'ait donne' des yeux qu'à vous? Oh! croyezmoi; le peuple aussi a des yeux , et il sait expliquer la vieille sculpture qui est là !

Eh bien ! cette sotte image , qu'est-elle autre chose que la monstrueuse conception d'une imagination bizarre ?

DU BOSSU

Cette imagination, sire , ressemble à un sonneur d'église, qui tire la cloche qui nous appelle à la prière, tant et comme il y est obligé : il n'est pas assez savant pour vous dire pourquoi vous priez quand il sonne. Eh bien! de même, celui qui a copié ce que vous appelez une image, a sculpté, sculpté peut-être seulement pour s'amuser ; peutêtre aussi pour se reposer de quelque autel qu'il venait d'achever ; il a sculpté le convoi funèbre, le renard mort, faisant marcher fort gentiment en avant le lièvre avec le flambeau. Pour lui le renard était un renard , le lièvre un lièvre ; mais voilà qu'arrive un fou, un de ces hommes à demi entendus , comme votre serviteur du Bossu; il se met à considérer tout cela , et vous dit aussitôt : « Le re-

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