ACTE III, SCÈNE I. i
pauvre petite sotte; mais l'Europe devient par trop raisonnable pour vous , surtout depuis que l'empereur Barberousse lui a fait jeter quelques regards de l'autre côte', vers sa sœur aînée, l'Asie. Haute folie!... Elle y devait porter la croix;... au lieu de cela elle en a rapporte' une,... et pour vous.
CHARLES
Mais la tête de la pucelle m'appartient... Les Espagnes
Tout ira bien , quand vous posse'derez le cœur avec la tête.
CHARLES
Là, j'agis en sûreté dans le sein qui m'a donné naissance.
DU BOSSU
Croyez-vous sérieusement ne jamais vous brouiller avec les Pays-Bas ?
CHARLES , riant.
Ah î je les tiens par la botte ! L'Italie m'obéit au doigt et à l'œil.
DU BOSSU
Bon, tant que l'Europe sommeillera; en ce moment la terreur la glace ; mais son sang commence à circuler, et vous aurez, sire, à prendre garde à vous. La première chose qu'elle fera, dès qu'elle commencera à respirer librement, ce sera de faire sauter le talon des états de l'église ; elle ne brisera assurément pas les liens de la foi, mais ces liens sont attachés trop haut pour vous et pour Rome.
i54 LUTHER,
CHARLES
Tu veux donc tâter du fagot? Sais-tu bien , l'ami du Bossu, que tu pourrais bien te faire griller ? Tu connais l'inquisition ?
DU BOSSU
Je ne la crains pas , et ses traits...
CHARLES
Je puis les lancer, mais non les diriger.
Ils n'atteignent que les corps , et non de le'gères paroles, fugitives comme l'air, mais qui , avec sa rapidité' , parviennent aux oreilles des peuples.
CHARLES
Un fou est bien heureux ; il peut tout risquer.
DU BOSSU
Ne risquez pas de laisser passer l'heure de la diète; il est temps de vous y rendre.
CHARLES, avec orgueil.
Il faut que la diète apprenne à attendre.
DU BOSSU
Avez-vous déjà oublié la Suisse?
CHARLES, avec colère.
Maudit bavard !
DU BOSSU
Vous vous fâchez! Puisqu'une fois je me mets à vous peindre l'Europe cependant, laisserai-je de