‹ Chefs d'œuvre du théâtre espagnol (volume 2)Chapitre 19 sur 103 · DON F&I · texte numérisé non relu

DON F&I

b ftjau que ditl%leUrei? . . ..

DAN, CÉSAR

Que voulez-vous qu'elle dise?»* ee s£u,| ie£j$mplimepA , ordinaires.

DON FEUX

Y ètes-vous nommé?

DON CgSAR.

Oui, suivant l'usage, r ous cette formule : « César Farnèse, mon fpusuvva en mon nom, etc., etc.» C'est le style usité, afin, que la personne àjqui Ton adresse la lettre sache les égards qu'elle doit à la personne qui la porte. ■ ~

•Vil y a loi dans l'original une gréée ïnlraduisiblo; llle tient à la ressomblaneo qu'a Je nom do Félix avec le mot felix, qui signifie heoraux.' s

JOUÏUftfÊ I, SCÈNE I. W

DON YEUX

Il n'y a rien déplus?

DON C&ÀR.

Mon Dieu, non.

Dojrrfux. / Et le prince dÎJrbin voutopnnaU-il?- . • .

no* cisiR.

-„ 11 i^Bv'a jamais vu, et a/a san* doute aupràr dtiui pap*naa qui me connaisse... H$ a tant 4' animes qu'iL<fit en A Uwnaf ia, au*arvice de l'empereur! -'

don feux* ^ *.--■■ : . J

En bien ! si lé &œur vous en dit, comme je^e jaia p^4>Ii|f fonnu que vous à Milan, je m'offre 4 vous trouver un TemnjJiçànt J de (fille aorte que vous .puissiez, reajer ici en secrçt et /ktjwe/ toute. gAtiê|*|cdon à votre amour. Et il Â'?, a là f ien, qui njjiste oJ&naffc ni le dnc ni le prince d'Urbin : l'un aura envoyé son compliment, l'autre l'aura reçu. Il ne s'agit que de partir, de donner la lettre, et de reyenju* au plu» tôt av^c la réponde: - A

■ r " don e&A*. " * *

Quand bien même vous ne me feriez pas entrevoir autant de facilités, je suis dans une situation tff cri tique, que je courrais . volontiers de plus grands risques. ' *-' ■■

TRISTAN

Je crois bien que j'indiquerais un meilleur moyen d'arranger le tout.

Tais-toi, imbécile. . ■*.

Enfin, est-ce que vous consentiriez à me rendre ce service?

DON Fj£ÙX.

le oe lui» pokrt de ceux <{ui donnent un conseil et mil reculent â l'eïëcution. J'irai en totte lieu fet place; ^ .

don cissar: ' .

le Vous -taise les pîeds mille Ibis» et...

• - ■ • DQN F^LIX.

Assez î de grâce'; épargnez-moi. Entré âinjs tous ces remeroiemens aaat superflus. .'"-..'»'

; DON ttâ$AR.

■'Il «V* plus* maintenant qu'une* difficulté; "'

- ' " DON FÉLIX

Qu'est-ee done*

DON'tiSsAR. ' ' **'

J'ai à toucher chez le seigneur Aurelio, père de YioJaqte» une certaine somme que le duc m'a accordée pour m'aider dans me* éé penses* et ainsi on nie eroiva plus aisément parti i nrrais atonie craies que Violante ne «'attende phit demain.

DON VEUX

H n'y a qu'à lui écrire un mot.

DON ctfftAR.

C'est impossible. Je ne pourrais lui éerire que par une sienne suivante qui vient chez moi ; et avec la pensée où elle sera que je pars, elle ne viendra pas me voir de sitôt.

noir FELIX.

Eli bten I vous avei votre ordonnance de payement; et avec cek veste valet pourra se présenter chez elle sans péril.

DON réSAR.

Ne le croyez pas. Depuis la (in tragique de son neveu, le seigneur AureHo, qui ne s'occupe plus de mon amour ni de ma jalousie, sang* toujours i sa vengeance, et s'il voyait dans sa maison un de mes «rus» je crains qu'avant de s'informer de l'objet de sa venue, il ne se portât centre lui i quelque extrémité.

DOIT FÉLIX

Il me vient une idée. Nous n'avons qu'à envoyer Tristan, qui, avec sa prudence , son esprit et son adresse ordinaire , détournera aisément tous les soupçons.

TRISTAN

le ne pourrai jamais.

DON FEUX

Que crains-tu donc?

TRISTAN

On doit toujours craindre les soupçons d'un homme d'honneur 1 .

DON crfSAR.

Puisque tu vas de ma part, le désagrément serait pour moi.

TRISTAN

En voilà une bonne 1 J'ai une histoire qui revient à ce propos. Un jour, un inspecteur de police assez mal parfumé se présenta devant son eorref idor, et lui dit en poussant des cris de fureur : « Une servante a eihibé avant l'heure voulue son vase de nuit* et tandis que je dressais le procès-verbal , une au,tre servante a vidé sur ma propre personne le vase en question. Comme en ce moment j'écrivais d'après vos ordres, ce n'est pas à moi que l'on a fait cela, e'est à vous.» Sur quoi le corrégidor lui répondit d'un ton sévère : «Eh bien ! maraud, qui vous permet de vous offenser des injures que l'on me laittw D'après cela, si l'on me donne du bâton là-bas, et que je revienne à demi mort, comme ce sera vous qui aurez reçu eetto injure, vous pourrez me mire la même réponse.

lft«W*

w* ici une fret» «Vil noua a été impossible de reproduire. Le verbe espagnol it % ont H*M «%»ifie donner un démenti , quand il est placé devant le mol *o$.

MdUt, t«ntâ« détourner dmttmpçon*. De là U plaisanterie de Tristan, qui fait ««naSMt 4* comprendre qu'on le charge de porter un démenti* Aurelio

. JOURNÉE I, SCÈNE L Ti

•.-.-. BON FÉLIX

Ne t'inquiète de rien; tu vas porter la lettre, et au retour tu m'accompagnerai à Milan.

TRISTAN

Pour ceci» à la bonne heure ! Gela me va aussi bien que H reste, me va- peu.

DON FéUX.

Tu as donc du plaisir à Aire ce voyage?

Certainement. Comme nous sommes en carnaval, et qu'à Milan surtout c'est une époque de réjouissances, je compte m'amuser comme un bienheureux.

BON FÉLIX

. Partons donc! {A don Céiar.} Je Yais faire préparer les chevaux pendant que vous écrivez et que Tristan porte la lettre.

don césar.

Dépêchons, car voilà une excellente occasion.

DON FÉLIX

Pourquoi donc?

BON CÉSAR

C'est que le seigneur Aurelio sort de H maison, et en aon absence il sera plus-facile 4e remettre le; billet.

EiUre À ttfŒLIO, lisant irae lettre.

DON FÉLIX

11 est tout occupé à lire une lettre.

DON CÉSAR

Tant mieux! il ne nous verra pas. (A Tris**».) -Viens, je te dirai par là à quelle servante tu dois remettre le billet.

Tristan demeure à la même place, en regardant Aurelio. DON FÉLIX.

Qu'attends-tu, imbécile ?

TRISTAN

Laissez-moi. ■ ■"

DOlfFÉLIXÎ

Que fais-tu là?

Je suis là à supputer la force du vieux, pour voir combien et coups de bâton il pourra me donner sans reprendre haleine.

Don Félix, don Gfffcr et Mrtaa forçant.

aurelio , Kacmf* « Mon onde or seigneur, je suis arrivé à cette cour de Milan , en » cachant mon nom et ma patrie. Bien que je désire vivement ren- » trer dans ma maison, je ne veux pas y reparaître que je n'aie vengé » la mort de mon frère. Et puisque ce malheur nous touche tous, » veuillez me faire savoir si don César Farnèse est > Pfrrme™» (iï

7W BONHEUR OT MALHÏtJR W NOM.

parle.) C'est une honorable résolution que celle de Lisardo; mais je ne m*** étonne point ♦ puisqu'il est démon #an£.V £v irroi, que dois-je faire?... Rien que Vidée de cette véH£«&netr sourit è non cœur, qui conserve encore toute l'ardeur de la jeunesse; cependant la prudence m'en montre le péril, et je suis d'an âge où l'on doit écouter plutôt la prudence que le ressentiment. Si je n'eicite pas mon neveu Lisardo à cette vengeance» je manque à ce que je me dois à moi-même, et si je l'y encourage, je niamrue « m« devoirs; car il serait mal à moi, dans une aventure où j'ai déjà perdu l'un de mes neveu*, de «donner des conseils d'où puisse résulter la perte de l'autre* . . Je pensais marier ma fille à celui qui n'est plus ; Lisardo, devenu le chef de la maison, a succédé à son frère Almn mon dessein ; et l'exposer à la colère du duc, dé qui César est le domestique et l'ami*, c'est «Mer contre mon projet, puisque c'est re mettre en péril d'être exilé à jamais... Que dois-je donc faire pour remplir avec honneur cette double obligation?:.. Le ciel me soit en aide! — Rentrons pour lui répondre; je trouverai bien k moveirdet le tenir en suspens jusqu'à ce que j'aie pris- moi-même une résolution. A cet effet, il faut que je relise sa lettre. {Il reprend 3âtoft*r$.y*Vmi\~ » lez me faire savoir si don César Farnèse est à Parme, et ayez soin » qu'on observe toutes set ctémarehes; j'irai bientôt le rejoindre. » Lorsque vous me répondrez, mette» pour suscriptioti ** votre » lettre : «A don Geiio,dans la maison du prince d'Urbin.»

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