‹ Chefs d'œuvre du théâtre espagnol (volume 2)Chapitre 22 sur 103 · NIC · texte numérisé non relu

NIC

Prenez-le, et vite; car voici mon maître qui revient.

DONA VIOLANTE. '

Je crains qu'il ne m'ait vue, et je tremble.

AURELIO rentre.

AURBLio, à Triitan.

Prenez, et Dieu vous eondirise * !

TRISTAN

Qu'il vous conserve une éternité de siècles 4 1... et remarquez, mon seigneur, que cette fois je ne compte pas 2 . {À patu) Je m'en vais mieux dépêché que je ne croyais; car enfin j'ai remis le billet, et je sors avec de l'argent et point de coups de béton*

■ Iteori.

DONA VIOLANTE» à NtCB.

Si mon père avait vu le billet !

NICE

C'est impossible ; il en aurait témoigné son Daécontentement.

Ma fille, je vais demain, comme vous le savez, à ce village.

DONÀ VIOLANTE , à fOtU

Que je suis heureuse ! il ne se doute de rien, puisqu'il pense à son voyage. ;■,..»•,.-

1 Celte locution id eon Dios, aile* qvee Dieu, on, Dieu voue conduite, se reproduit fréquemment dans les comédies espagnoles. Bien qu'au premier abord elle paisse sembler un peu- étrange à des personnes d'an goût délicat, nom avons cm devoir la reproduire quelquefois parce qu'elle a quelque chose de religieux,- qui est torit-à-fatt dans les idées et dans. les habitudes espagnoles- . . > .

• Encore un jeu dejnots intraduisible sur le verbe conter, qui signifie Unit à la fois c orne t * auntusf me histoire.

BONHEUR « HALHEUft 41 NOM.

mih . 11 n'est rien tel que l'œil du maître... et c'est pwfrquwTtow allez me donner le billet que vous veto 4e cacher.

DO#A VIOLANTE

Moi, seigneur... un billet !

* ' ificiB, àparU

Cela va mal.

AUBBLTO.

Oui, donnez-le-moi sur-le-champ. Si j'ai laissé sortir le valet, quoique je fenise vu r—e k remettre, c'est q«e je n'ai point voalu faire tenbcr fi 1m» ma vesgeanee, ni ébruite* au deàar» lea ennuis de mon intérieur. C'ait pour cela que je n'ai rien é&t. Mai» è cette heure donnez-moi le biÙet.

DOtfA VIOLANTE.

Mais, seigneur, lie croyez pas...

Quel tourment ! (Il lui prend le billet des maint.) Entrez là à l'instant même, ça* la. colère pourrait m'emporter* et je-veu* cennattre au juste le mal avant d'appliquer te remède. Otez-vous de devant mes yeux. ■- .

DOHA VIOLANTE.

Ociel! protége-moil

Elle tort.

ATJBHaO»

Partez, voua ausai.

Comin* voua ^voudcez.

AJDAEUO.

Non pas par là, naj&iéi..* mai» dites-moi aupara^a*^ pour me fixer dan» ma conduite, le valet étant de don Félix, et l'ordonnance de payement étant au nom de don César, de qui est le billet?

mes, à part.

Si je.dis qu'il est de doiuÇésar* qui est déjà son» ennemi, ce sera empirer les affaires.

AUREUO.

Eh bien 1 parlez donc. De qui est la bUlat?

Je ne sais, mais il n'est pas de don César.

Elle sort..

c AURELIO. -

Ella m'en & dit assez. {Il ouvre la lettre.) Hélas! peut-on trem~ Mer ainsi en ouvrant un billet l {Il lit.) «Mon eher bien, il nLy a » point d'obstacle qui puisse m'empéeher d'aller voua voir. 1> ( il paiïU.) Hélas! U n'est que trop vrai, le papier ne. s^fBir#jne£u>-

J&JRNÉE I, SCÈNE 111. 89

ic la plus vile matière, et l'encre ne se fait qu'avec du poison * ! ff.) «Ainsi, tenez^lc pour entendu, demain, sitôt après le départ de votre père, je me rendrai, quoi qu'il arrive, dans le jardin que » vous m'indiquez. Le ciel vou6 garde!» (// parle,) Que vois-je! don Félix, sous un prétexte trompeur et secondé par son periide ami, s'attaque audacieusemeat à mon honneur!... Que faire, grand Dieu ? Que résoudre dans un moment où je reçois une cuiellé injure,, et où je perds en même temps tout espoir de réaliser le projet î que je formais pour ma fille?... N'est-il pas singulier qu'au moment' g où je voulais empêcher mon neveu de se venger, il m'arrive à moii ' même un accident qui m'oblige à la vengeance?... Eh bien! puis- I qu'il en est ainsi, et qu'un juste ressentiment l'emporte sut la prudence, je me vengerai de ces deux traîtres 1 j'écrirai à Lisardto de se charger de don César, et moi je tuerai en secret don Félix, puisque l'occasion se présente à moi si favorable. (// ferme la porté par laquelle dolia Violante est sortie. ) Fermons cette porte avec- soin, afin que l'ingrate ne puisse point l'avertir ; et demain, quand le mtsérable qu'elle aime viendra au jaf dm... Mais taison»*fiotis ; la re-* nommée dira bientôt tira vengeance/ et la postérité l'apprendra en frémissant.

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