‹ Chefs d'œuvre du théâtre espagnol (volume 2)Chapitre 31 sur 103 · UM · texte numérisé non relu

UM

D#. qu#i coawoi ?

TM8TÀN.

A Uclès i.

DON FÉLIX

U tous âenaadt pardon, mon seigneur ; ce dréle4à « toujours* la bouche quelque Mauvaise plaisanterie. Ma taule dodo La lira est à Parme, où elle jouit d'une boane santé.

TRISTAN

. (Test qu'aussi je perds patience de voir que vous causiez dé toutes ces bagateHes, lorsque tous devriez vous occuper djé, faire retrouver nos chevaux; d'autant que vous étés habillé pour aller chez le prince.

Linono.

Je ferai faire les recherches nécessaires. Dites-moi auparavant...

Entr* UN VALET.

LE VAtET, à IddœHK - •

Le gouverneur m'envoie vous dire que vous Ttat*r*iHiie&ch«z lui sur-le-champ. L'affaire est pressée; il 3 agit d'un délinquant qu'il faudrait arrêter aujourd'hui même.,

lido&o, à do* Féliœ.

Voua bq sauriez crôite-eom&en mes fooetions sont «»uié*4»saqtes. — Pardonnez-moi ai je ne tou# laisse pas ma voiture + et, comme H est de grand matin, ne sortez pas, je vous prie, avant mon retour.

' • Us©rW' TRISTAN., '

Si c'est encore pour nous interroger, qu'il ne revienne jqmaif» Le pis est que cet ennui peut se reproduire à chaque «staat.

•5RISTAN.

Et mille fois de suite. — Mais, revenons à notre aventure. -Que nous a donc laissé ce beau masque-?

DON FÉLIX

Voyons d'abord ce que dit le billet. .— Il ne contient que deux ligne».' [Lisant.) « Vous trouverez ici dé quoi '-tous 'aider dans yos » dépenses, en attendant qu'on ait retrouvé vos chfcvaùx. » (Parlant.) ï'avais bien raison de dire que c'était une mystification. Regarde un peu ce qu'il y a dans le panier.

tristàn, soulevant U mouchoir quirecouvre le<panier. Des gants, des pastilles, des mouchoirs de poche et du linge.

1 Uclès est un village de 1» province de Cuença, dans leqael était,- eu dix-septième siècle, an couvent de chevaliers de Saint-Jacques. Nous n'avons pas besoin de montrer au lecteur ce qu'il y a de plaisant dans la réponse de Tristan.

jttmMÉi ii, sctm l m

Dû* fiux.

U* uomeill voici entef* «ne boite».. *t deéia, «a bij«* «btouré de diamans. . - .

v v TRISTAN.

Des diamans!... ma foi, à pr&ent que nos chevaux s'envolent s'ils veulent!... Eh bien! qu'est-ee que je tob* Attiff s qoffl rfest rien tel que d'être un autre? Ben Gésar se mordra les doigts de n'ètrer pas Verni.'

DON FÉLIX. '

Don César n'a rien à regretter, ii est ntofréux dans ses amours !... Mais qui peut.nètts envoyer cela ? ■<*-: . *

Qui voulez-vous que ce soit, mon seigneur, si ce n'est quelque ange qui, masqué et déguisé, veut aux â p p wefcc* dfr eafème enseigner aux femmes les trois phis bêles vertus : se taire, donner et ne pas prendre. '-'■"■ '

«M* félix.

Sais-tu, Tristan ? ce sera sans doute cette femttrft-ojri j\kf9tté secours, et qui veut m'en témoigner sa reconnaissance.

Comment, dans le trouble où elle était, aurait-elle pu appméfe et votre nom et votre demeura?

don peu*., .

Que sais-jet

'•'"•' ." >TM$TAN,, ■' "-* V " '* '

Je ne" te Bais pas plus que vous. Mais to votB en ftiquiéfez ]W|; l'avenir nous dira ce qui en est. % "" ' "*'* *"

90tf FKLE&

Cache un peu ce panier, afin que personne dVi* maison ne le voie.

TRISTAN-

Auparavant, seigneur, je voudrais que- vous eussiez la bonté, de me cure ee qui me revient pour ma part. \ .. , .

* DON FÉLIX

A toi?

TRISTAN. ' *~ '

Certainement N'ai-je pas, moi aussi, perdu mon cheval?...» Ne sufo-jepas, moï aussi, logé dans l'a maison? ; ' " " *

don félix. '-••■•- '

Que dit ton billet ?

TRISTAN

Un instant, je vais le lire. (Lisant.) «Si vous n'entendez et ne » voyez tout sans parler, la .récompense que vous iiohnèra vfctre » maître sera cent coups de bâton. -•»>.

don félix; ;

Voilà ta part bien indiquée t

'il

. dan* û-

. » ;.âi l'on n'a pis

« K r:.i choyée recon- .. ;. K it i:.* vUitè*. Fai-

:.;!«- et je venais faire t .i ^tourne.

x xinuie avec vous,

H'i'sl > .1 il. , |,i, i:iî

i»»r. Il > 4 jmrconsd- •v m\' i-lein de force et

JOURNÉE II, SCÈNE t. 105

* DOW FÉLIX

Puisque» le hasard tous fournit une excuse, restez, et dites-moi un peu ce qu'elle fait en ce moment.

FLORA

Cette musique doit yous le dire mieux que moi

TRISTAN

Surtout grâce aux paroles '.

DON FÉLIX

Oh ! si de quelque endroit je pouvais la voir !

FLORA

Cela n'est pas possible... Mais, 6 ciel! qu'est-ce -que ce panier? qu'est-ce que ces bijoux?... Cela n'est pas de la maison. Il parait que yous avez déjà quelqu'un qui yous fait des cadeaux? Je le dirai à ma maîtresse, afin qu'elle se conduise en conséquence.

" DON FÉLIX

Ne lui parlez de rien ; car je serais moi-même embarrassé de yous dire comment cela m'est venu.

FLORA

Ma maltresse n'est point curieuse de le savoir.

DON FÉLIX

Je le conçois.

TRISTAN

C'est une misée, une trompeuse, une coquine qui se tait, donne, et refuse de prendre ce qu'on lui offre.

FLORA

Le nigaud ! . . . Bt par où est-elle entrée ?

Par cette rue-ci.

FLORA

Et yous ne savez pas qui c'est?

DON FÉLIX. ''

Mon Dieu t non.

FLORA

Et qui soupçonnez-vous ?

DON FÉLIX

Que sais-je?... Ce sera sans doute la dame qui m'a engagé dans sa défense.

TRISTAN

Je m'en assurerai» si elle revient.

FLORA

Pourquoi étes-vous si mal pour elle ?

TRISTAN

Parce qu'elle me fait ma part en coups de bâton.

1 Le teite dit mot A mot : « Oui, car toucher d'un fnstrument et chanter, c'est toujours une même chose. » Du reste, le. verbe tocar^ toucher, a eo espagnol toutes les acceptions qVa ea francafs le verbe«erfesp0ndant, et je noterais pas étonné que Calderon ait voulu jouer sur les divers sens de ce mot. #

Wt, . BONHEUR KT MALHKUK DU NOM

{^tout-là ce sot, Flora 4 et dites-moi^ ne, pouKajftje pa$U vojr?

FLORA. .; - ■• - T

Mon Dieu ! je vous dirais bien de' descendre comme par hasard au jardin, de vous approcher, en vous proareuani* dame &o être du rez-de-chaussée, dont les jalousies se trouvent cachées par un bouquet de jasmins, et de cette façon... Mais je. n'ose voue donner un tel conseil. ...*''..

Non! non! n'osez pas; ce serait fort mal à- tous.

>.'. .BON FÉLI*. )- . * '

Je* vous remercie de frm*. fit pour récompense, faute de mieux, prenet cette bague. - --• •

""«• N . *• /FLORA. ,. „. ■

Une sur deux, ce n'est pas trop;, «t ce n'est pas adroit que de manquer, toujours la bague '. (Elle prend /a bague.) Il .n'y 4 pas de quoi, mon seigneur. ■'-■•- *-.-.-..

TRIS.TAM

Non certes; mais afin qu'il y ait de quoi.*.

FLORA

Silence! voilà qu'on recommence à chanter. Cela vous permettra d'approcher avec moins de risqué.'

* ' '' s ""' * '* " *• . • • On^Bten41e»ii«lhrmeDi«4uoobt*tiiiBi-¥Oix.

DON FÉLIX* *j... : » . ..

Attends-moi là, Tristan. amour 1 ne me conduis pas en aveugle, dépouille-toi de ton bandeau 1 - ' •: ,. — * - • v v *

Il sort.

TRISTAN

. Écoutez, ma reine.

FLORA*. v» ; -; .--

Je n'y tiens pas beaucoup, .

N'importe, écoutez ! — Un jouti *m commissaire passait en revue des recrues... - *. .- v... "

YLùhA,à part.

* A rtmî, Un cent© h. . «eu* mon âme, -H a* éàfelerft pa* à ne le

payer. ...«.;•

TRISTAN

Et il dit à son commis de bien mettre l'œil* a" ne pas emmener des estropiés ou des infirmes. Et comme un borgne passait, il dit : « Mettez bien l'œil à celui-cî. » Ot uYi boiteuï qui venait ensuite,

1 Mot à mot : « 1t coartmal cehri f\m B*em porte Jamaùlà bàgbè*. i te Jet» de bbgue jQtait 3 celle, époque fort répandu en Espagne.

„' Au 'lieu' dé <W avoir/ Pail à Une chose, «les Espagnols (Bsplât theMre Vieil (ponar t$o) . flous avons été obligé* de reproduire ii^léraiejneakûelte expression pour conserver iè sel de la petite histoire de Tristan. l

'^ JÔtfRftÉB II, SCÈNE î. ft7

l'ayant entendu, répliqua : « Puisque vous ordonnez qu'on mette un œil au borgne, ordonnez qu'on me mette à moi une jambe, » Ëh bien ! puisque vous aidez À voir à l'aveugle amour de mon maître, aidez, au mien à marche*, puisque vouarvoyei de. tfuèi fled je boite. x * *

flora. • ■'"■"*' ■■«- "

Un Biscayen servait le curé d'un Village où le boucher s'appelait David. . * • :' ■ '. - ■-. v.

triSta^, à part.

EH« me paye de ia même monnaie.

" « FLORA

Un jour, 'comme* M allait' prêcher,; le cùrtfénvdja demander au boucher une fressure à crédit; et au moment où le Biscayen revenait avec la réponse, il trouva le>èutôa , éjà en *chaire, citant tous les prophètes, et s'écriant : « Que dît David ^» A quoi le Biscayen "'répondit de la porte : « Seigneur, il jure Dieu que si je ne lui porte j>as d'argent, vous aurez beau dire et beau faire % vous n'aiifWf pas de fressure i . » Vous comprenez; n'eifril'pas Vrai? Si celui qui ne paye pas ne mange pas, eolui 4|ui ne donne pas ne -doit* ni mander ni voir.

'■* -,' . i"-..- .-.-*.'•*. 'TRISTAN. -* - . «r

Un jour- qu'on avait ^promené par 4es> nies une foncière coiffée *» la coroza 2 , avant de lui rendre -la liber té on lui fit payer un compte où il y avaiUaaf pofcr kt papier de4a coroza, tas^pauf la tà\\% tjuit pour la couleur, tant pour la façon. Ce que voyant, la vieiHeH «Au moins, dit-elle, donnez-moi-1* ; '*ar f»r. le temps.- qui court, une paufçe vew» ne peut pas acheter, une coroza nenve<» Vona/Mm*prenej^n'esVil pa»,vra^ $i, par le temp^qui fjourt, une coroza doit servir pour deux fêtes, une bague doit servir pour deux.;

FLORA ^ -

T Çn. homme,, un jour f . avait «aasé la tète à, sa femme ; et*alle-ci, * voyait ce que coûtait la maladie» disait, joyeuse, entre «es dents, : « Il ne me cassera plus. la tête a l'avenir. » Or le mari^ la voyant en santé,, régla son compte avec le Igarbier 3 et l'apothicaire, et en le» soJtUnfc naja, Rouble, Sur (jpoi : * Efci won. a^ji, lui; airelle, ne vois-tu pas que tu t^'trompes? — -Nop-, ma belle,;fit-U; Jp moitié- de cet argent, c'est pour aujourd'hui , et l'autre moitié, c'est pour la prochaine fois. C'est par prévoyance que je paye double, ».

".''.* '. ' TRISTAN

Une duègne élevait une petite naine..'.

1 J^npore ici um plaisanterie intraduwiblV. Su espagnotyV*i*ure se dit Ivo/e^^tpour dire désirer une chose avec ardeur, on dit d'une f&yin proverbial*, efihar el bhfe.

**L* cotom est un botooai ào (otike pyramidal* dont oiûct>\ irait, cYr Etfpjgnff IcsrcrtoimmU coudaunes par l'Inquisition. . x

* On tait que les barbiers, en Espagne, faisaient les saignée», et le» opérations cbirur» gicales.

14* BONHgUR ET MALHEUR DU N09§.

. uns voix, du éékvn»

FtatT

FLORA

Jfa maitrasse m'appelle. Attentai.

TRISTAN

Oh en restons-nous?

FLORA

Sur ceci, qu'une duègne élevait une petite naine.

TRISTAN

Eh bien! adieu, Flora, jusqu'à ce que la petite naine «it grandi.

Il «Ht.

Batrart DOfU BBsUFRiA et ÙOR -FEUX, chaeuR !***&• porte

différçatflk . \-

DONA SKRAFINJU

Flora?

FLORA

Madame?

DOftA 9DL4FINA.

Voyes un peu qui se tient denière la jalousie*

don f£lix.

Un homme qui ne niera point son crime, bien que eela lui fut facile; car il en ust fier et glorieux, et rougirait do s r an justifier.

BfltA flttRAFINA.

Dans les offenses de cette nature, l'aveu <gt plus coupable que le fait même.

• DON FELIX

Dans las offenses de cette nature* qui flattent la- personne même qu'elles irritent, les nier après les avoir commises; ce n'est pas rèpentiis c'est lâcheté. .

DONA S9RAFINA.

I/outrago, quelque gracieux qu'A soit, n'en est pas moins uu-our trage;'.et quand on a outragé une personne, il ne convient pas de s'en vanter. -

DON VRXIX.

Je me déclare vaincu, madame^ non pas que je n ? eusse de quoi répliquer, mais j'âirte mieux, vous laisser la vfetoke*

Vous voiler que je vous sache gré de cette façon de terminer la querelle, et vous faites par courtoisie ce que vous auriec fait jpar force.

DON FÉLIX

fih bien ! puisqu'il faut vous le dire, je suis descendu par hasard au jardin, le chant d'une sirène m'a attiré jusqu'ici ; et si cela ne me justifie pas auprès de vous, les paroles qu-'eÛe Chantait doivent être ma justification.

JOURNÉE n , SCÈNE I. 109

DONA 8KRAFINA.

Pourquoi cela?

Elle disait : « Si par hasard ma folie arrive jusqu'à vous, ayez-en pitié comme d'un malheur, et ne la repoussez pas comme venant de moi. »

DONA SBRAFINA.

Et quand bien même ces paroles pourraient s'appliquer à la circonstance, comment justifieraient-elles votre audace ?

DON FÉLIX

Voici comment. — Le hasard et mes peines m'ont conduit en un lieu où j'ai eu la folie de vous offenser en même temps que j'avais le bonheur de fous voir. Sans hésiter je suis venu jusqu'ici, en me disant que quand on veut obtenir l'amour d'une personne, il fout savoir s'exposer à sa colère; que souvent on ne parvient au bien qu'en traversant le mal, et que, malgré votre insensibilité, je n'aurai rien à craindre tant que mes plaintes arriveront jusqu'à vous. Non, pour un échec, je ne veux pas me décourager; car vos rigueurs même me plaisent et j'adore vos dédains; et ainsi le mal qui me vient de vous est à mes yeux un bien. Si mon audace vous offense, prenez- •vous-en à vous seule qui l'inspirez; et considérant que c'est vous qui forcez mon hommage, ne le repoussez pas comme venant de moi.

llsort.

DONA SBRAFINA.

Écoutez! — Mais non, hélas ! qu'ai-je à lui dire? Pourquoi lui adresserais-je hypocritement des reprochés, alors qu'il ne me parait pas coupable... Ne devrais-je pas plutôt rappeler en moi ma fierté? Ne suis-je pas celle que je suis i ?... Quel ennui !... et que l'on se fâche mal alors qu'on ne veut pas se fâcher!

FLORA

Pourquoi, madame, puisque vous êtes reconnaissante à don César de ce qu'il a fait pour vous, pourquoi vous montrez-vous si offensée de son amour?

DONA SERAFINA

Parce que je dois, Flora, lui témoigner deux seritimens contraires et c'est pourquoi tu me verras jouer avec lui deux rôles différons. En sa présence, en lui parlant, je ne Yeux être que froideur e' dédain ; mais hors de sa vue, me souvenant qu'il m'a secourue sans me connaître, je prétends lui rendre mille services sans qu'il sache de qui ils lui viennent.

FLORA

Fort bien; mais si vos rigueurs l'éloignent de vous, madame, ne

1 V. 1. 1. pag. 78, à la note.

serex-vous pas jalouse de celle à laquelle il s'attachera, la croyant une autre que tous?

DONA SERAFINA

Non!**, quand il me terra, je veux qu'il m'aime pour ma beauté; bon de ma rue, je veux qu'il m'aime pour mou esprit, pour aies qualités morales, et dès lors je me dirai que c'est toujours moi qu'il aime.

FLORA

Un jour» une guenon et ses amies...

D0*A SERAFINA

Laisse là tes contes, Flora... Et pour revenir à ce que je te disais tout à l'heure, ce soir, habillée à l'espagnole, je yeux aller... Mais qui entre là?

Entre LISARDO.

FLORA

Madame, c'est le seigneur Celio.

DOftA SERAPINA.

lé ne sais quelle conduite tenir avec lui. Je suis toute bouleversée, et je sens cependant que j'aurais tort de me déclarer.

FLORA

Dissimules de votre mieux.

DOtA SERAFINA.

Je crains que mon visage ne trahisse mon trouble. (Haut.) Que cherchex-vous, cavalier? .

lisardo, à part.

A sa vue. mon courage m'abandonne. Mais puisqu'elle fait semblant de ne pas me reconnaître, je dois avoir la même force. (Haut.) C'est votre hôte, madame, que je viens voir. Le prinee mon seigneur m'envoie savoir de ses nouvelles.

DONA SERAFINA

Voilà son appartement.

E1U s'éloigne.

LISARDO.

Pardon, madame, je me suis trompé ; c'est une autre personne que je cherche, en la priant de ne pas redouter ma folie, dont elle n'a aujourd'hui rien à craindre.

DONA SERAFINA

Je sais bien que je n'ai rien à craindre, puisque je sais qui vous cherchez.

LISARDO.

Je ne vous comprends pas.

DONA SERAFINA

Ni moi. — Mais si ma sécurité dépend de ce que vous cherchez une autre personne, elle est facile à obtenir»

JOURNÉE II, SCÈNE 1. lit

USARDO.

Quelle rigueur I.., mais elle ne me découragera pas.

DONA SERAFINA

Que Youlez-yous dire?

USARDO.

Je yeux dire, madame...

DONA SERAFINA

Achevez!...

USARDO.

Que quelque jour vous-même vous me vengerez de vous.

DONA SERAFINA

Je ne vous comprends pas ; et rendez-en grâces au ciel, car si je vous comprenais... Mais quelle folie à moi de me ficher ! — Allez avec Dieu, cavalier; et puisque nous avons tous deux besoin de don César, allez le chercher, et ce sera lui qui me vengera de vous.

Elle tort USARDO.

Quand donc, Flora, mon amour pourra-t-il triompher de tant de rigueurs?

FLORA

Youi ne rougissez pas, cavalier perfide, de m* adresser la parole Y

USARDO.

Eh quoi! vous aussi, Flou, vous m'en voulez?

FLORA

Est-ce que lorsque vous enleviez ma maltresse, vous n'auriez pas dû m'enlever moi aussi, par politesse, quand bien même j'eusse été une négresse?

Bile ttrt* USARDO.

a Nous avons tous deui besoin de don César; allez le chercher, et ce sera lui qui me vengera de vous. » Par ces mots, dona Serafina s'est trahie, et elle a presque iaié de lâcheté ma conduite avec don César... N'est-ce pas affreux? Lorsque j'ai pris un autre nom et me suis donné une autre patrie pour me venger plus sûrement, dois-je aller ainsi imprudemment me découvrir? Ne dois-je pas au contraire dominer tous les mouvemens qui pourraient compromettre ma vengeance?... Mais, vive Dieu! avant de savoir qui je suis, on saura, lorsque nous nous battrons corps à corps dans le champ,.. Mais voici don César.

Entre DON FÉLIX.

DON FELIX

Qu'y a-t-il pour votre service, seigneur cavalier?

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