‹ Chefs d'œuvre du théâtre espagnol (volume 2)Chapitre 94 sur 103 · RO&ERT · texte numérisé non relu

RO&ERT

On se trompe évidemment, et je sui* tente; d'accréditer l'erreur générale... d'autant que j'empêche par là qu'on n'envoie 4'autrei troupes à la recherche du prince. [Haut, à Jfcfi#o.) Que. votre ahtesse me permette d'embrasser ses genoux. Iftéme. en, présence du roi, je ne puis me contenir, et jfrsuis heu^u* de, montrer «Qfl.tfeV vouement et ma fidélité.

B£MTQ. .--.•...-•

D'où vient donc que vous vous mettez à mes pieds et que vous me les baisez ? Je n'aime pas ça du tout, pour ma part, et pour la vôtre je ne vo(s pas le plaisir que vous pouvez y, trouver.

KÔBERTO.

Oh! votre altesse n'a pas besoin de se déguiser davantage.

1 Au lien de dire Fedetico de Siàlia, Benito dit dans l'espagnol Bnriqu* é$ Cttina, littéralement, Henri de Salaison.

' Le roi vient de dire de la fortune qu'elle est dudosa, légère, inconstante ; et Benito entend golosa, gourmande.

* Que no »oy, aunque lo pientm,

Rt principe Simborriw De Sencilla. ^

PREMIER SOLDAT

Voui êtes connu, monseigneur.

Nous savons maintenant, monseigneur, que vous êtes le prince de Sieile.

BBicrro.

Vous le dites tousf

ROBBRTO.

Oui, certes.

BEKITO.

Eh bien ! tous, vous en aves menti ; car parmi tontes les femmes de ma connaissance je ne connais pas de Cécile 1 , — hormis tant seulement la fille du maître berger de mon endroit. C'est la vérité pure.

roberto.

Quoi! vous persistez a dissimuler avec moi, votre serviteur dévoué, dont la fidélité ne craint pas la comparaison avec celle d'Achates*?

BHUTO.

Bon ! maintenant voilà qu'il me parle d'Agathe 8 . En vérité, c'est a me faire perdre la tète. Ah ça, homme ou démon , explique-toi, que me veux-tuf

ROBBRTO.

Sire, le prince Frédéric, mon mettre, est d'une obstination rare. Il est aussi obstiné qu'il est courageux, et quand une fois il s'est mis quelque chose en tête...

le roi.

Qu'on le mène a la tour de Belflor, et qu'on le remette aux mains de la princesse Hélène. Mais j'entends qu'elle le traite avec douceur; je ne veux pas que cette prison soit trop sévère; ce doit être une sorte d'hospitalité. {Bas, à Roberto.) Je traite mon ennemi comme si je voulais qu'il devint mon gendre.

Cela est tout simple ; car fort souvent un gendre est un ennemi.

LE ROI

Et que Roberto soit enfermé avec lui. Il sera agréable au prince de le voir et de lui parler. — Dites à Hélène que je le lui recommande, et que je saurai la récompenser de tout ce qu'elle fera pour lui. [Â part.) J'arrange le tout de mon mieux pour Marguerite... femmes, combien vos fantaisies' ont d'influence sur les projets des hommes !

1 Que no eonoico d Cecilta, elc, etc.

* Ceur de nos lecteurs qui ont lu l'Éneide de Virgile connaissent le fidèle Achates. 1 Dans l'espagnol Benito au lien du mot AcaUt, entend aeieaUs, lequel mot lignifie des ép*ron$ Mr i b m .

LB CAPITAINE

Venez, seigneur, prendre du repos.

bbnito, à part.

Autre niais ! {Haut.) Oui, allons prendre du repos... et tout ce que vous voudrez.

ROBBRTO.

Votre altesse a devant elle Roberto.

BENITO

Ne seriez-vous pas Robert le Diable?... Mail comme ils sont tous d'accord là-dessus, et que tous le disent, il faut bien cependant qu'il y ait quelque ebose de vrai. Il est évident qu'ils sont tous ivres ou que c'est moi qui le suis. Enfin, au bout du compte, ça n'est pas mauvais pour moi, et je ne serais pas si a plaindre si j'épousais la Cécile du maître berger 1 . Arrive ensuite que pourra!

Assortent.

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