SCÈNE n
Une chambre (Uns U maison de Carckw
Enlreol JULIA et A RM INDE.
JULIA
Laisse-moi pleurer ma liberté perdue, Arminde , et console—moi en me disant que le terme de ma vie sera le terme de mes chagrins. N'as-tu jamais vu un ruisseau tranquille traverser doucement la campagne, et au moment où l'on croirait qu'il ne peut plus avancer, reparaître plus vif, plus fougueux, et renverser toutes les fleurs charmantes qu'il rencontre en son passage ? Eh bien ! il en est de même de mes peines et de mes ennuis : long-temps contenus dans mon cœur, ils ont fini par se frayer un passage, et s'échappent de mes yeux en larmes abondantes. Laisse-moi pleurer la rigueur de mon père.
ARMINDE.
Mais, madame, veuillez considérer...
• JULIA
Est-il un sort plus heureux que de mourir de douieur? Une peine qui nous ôte la vie devient une gloire ; car il n'y a que les grandes peines qui ôtent la vie.
ARMINDE.
Quel nouveau sujet de chagrin avez-vous donc?