‹ Chefs d'œuvre du théâtre espagnolChapitre 57 sur 113 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

tJn terrain an milieu tic* montagnes.

Entre G IL, tout oouyert de croix et portant une croix de .grande dimension sur la poitrine.

GIL

Je viens, d'après l'ordre de Menga, couper du bois dans cette montagne ; et pour ne courir aucun danger, j'ai trouvé une bonne invention. On dit qu'Eusebio est dévot à la Croix, et, en conséquence, je suis sorti tout armé de croix depuis la tête jusqu'aux pieds... Mais je parle de lui, et le voilà qui vient!... Comment pourrai-je l'éviter?... Que j'ai peur!... Espérons qu'il ne m'aura pas vu; et pour lui échapper, allons nous cacher, pendant qu'il passe, derrière cette haie d'épines .. {Il te cache derrière un buisson.) Peste! elles piquent!... Mais, vive le Christ! il vaut mieux être piqué par une épine que de risquer toute sa peau, ou d'être méprisé par quelqu'une de ces belles dames qui reçoivent tout le monde, ou d'être Jaloux d'un imbécile.

Entre EUSEBIO.

EUSKBM.

Je no sois où promener mes ennuis... Que la vie est longue, que

ri JOURNÉE III, SCÈNE I. 169

i| la mort est lente à venir pour l'infortuné à qui pèse l'existence !

t~- Julia, que penses-tu de ce que je me suis enfui de tes bras au mo-

* ment où ils allaient m'enlaccr dans leur douce chaîne?... Le prin-

/ eipe de ma conduite n'est pas en moi, il est dans une puissance

supérieure à qui j'ai obéi. Je te souhaitais avec une ardeur indicible,

{'aurais trouvé en toi le bonheur; mais j'ai vu sur ton sein cette

même croix qui est empreinte sur le mien, et je l'ai respectée. —

Ah! Julia, puisque tous deux nous sommes nés marqués de cette

croix, il y a sans doute quelque secret mystère que Dieu seul peut

connaître et comprendre.

Diable! comme ça pique!... Je n'y tiens plus.

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