SCÈNE IX
SÉMIRA seule.
Amitié!... vertu si nécessaire à Thomme social!... ' dis-moi, oii habites-tu?... Ah ! ce n'est pas en Europe , dans ce pays de bêtes féroces, que tu as placé
ton trône!... Parmi ces peuples qu'ils appellent sauvages , ton culte est bien plus répandu ; tes lois sacrées sont gardées bien davantage. Qui pourrait croire qu'un long commerce ^ une constante asso^ ciation dans les travaux , des intérêts communs^ n'enfantassent que des crimes? que l'ambition a un plus grand empire que la voix de la nature ? Cet instrument ^ que m'a confié une trahison cruelle ^ est peut-être un noble présent du ciel! Fer ami ( elle considère le poignard) , tu es mon plus sûr refuge contre la disgrâce; tu m'inspires l'action la plus héroïque : si je vois se rompre les doux liens qui retiennent mon âme ^ si mou espérance s'évanouit ^ et que je sois condanonée à assouvir les fougueux désirs d'un monstre y alors, profitant de ton secours pour me percer le sein, je saurai triompher du malheur,
V Elle sort. )