‹ Chefs-d'œuvre du théâtre portugaisChapitre 145 sur 292 · ACTE y, SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

ACTE y, SCÈNE XIV

SÉMIRâ , à Atalialipa pour qu^il s^apçroclie.

Approchez-vous, consolez un noble fils dans ces

momens de douleur et d'amertume.

P A L I M A , emhrasnat Osear.

Voici la plus triste des mères , cher Oscar, qui veut te suivre. Je succombe!

OSCAR

C'est VOUS. Vivez pour servir de protecteurs... à la fille... la plus héroïque... et la plus vertueuse.

ATABALIPA, s'avançant vers Oscar.

Oscar, mon ami! mon fils! dans l'ëtat où je te vois, tu es plus heureux qu'un père infortune'. Abandonne une terre dominée par des bêtes féroces! Tù ne peux déjà plus servir à leurs caprices. Vole vers ce lieu habité par une divinité bieur faisante, qui aime la vertu.

OSCAR, enbrasaant Atabalipa.

Oui}*., approchez-vous ae moi; •••la morts'appèsantit... Je meurs plus satisfait... puisque c'est dans les bras de tout ce que j'avais de cher que je perds la vie;.... je meurs en servant la patrie. .. Vçqgez, si vous le pouvez, ses insultes. (En sentant le poids des chaînes d' Atabalipa , il pgrle avec chaleur et s'affaiblit aussitôt. ) Mais quelles chaînes prétendent-ils me faire porter ? C'est libre que je veux terminer mon existence. 0 malheur!.,, elles retiennent tes bras, cher ami;... ma douleur s'accroît... Viens, chère épouse ,... donne-moi cette main (i7 la prend dans la sienne ) que tu avais destinée à servir de ré-

Théâtre Portugais. ig

a4a LA CONQUÊTE Hp PÉROU,

compense* •• à Tamour le plus pur. (Il la baise.)TSile n'a pas... de fers!... 0... ma bien-aimëe ! . . . je ne puis déjà plus... te sauver. Tendre amîe^ console tes chers parens... dans leurs chagrins. .. Rappelletoi avec le souvenir le plus douloureux... celui qui t'emporte dans son âme... Adieu ^•.. Sémira.

( Il meurt.) ATABALIPA.

Jeune homme , digne d'un meilleur destin , les tyrans n'ont déjà plus de pouvoir sur toi.

PIZABRE.

Le cœur s'est venge , mon âme bondit de joie.

ZÉMIRA, àPisarre.

T'es-tu assouvi^ cruel ^ pendant la scène affligeante que tu viens de voir? Ton âme infâme s'est-^ elle assez réjouie de notre douleur? Je vais te donner aujourd'hui des plaisirs jusqu'à satiété.. Prépare tes yeux à de ncMivelles horreurs; mais^ auparavant, je veux faire entrer dans ton âme l'atroce venin des dissensions. Apprends , perfide, qiie ton collègue, que ton compagnon dans le vice et dans la fraude, a voulu se servir de mon bras pour t'assassiner. Enflammé de haine, il m'a fait un noble présent. Je veux vous laisser luttant avec les passions les plus funestes. Là rage, ♦la haine, l'envie, l'intrigue, doivent me faire justice d'un sang chéri. Vous serez malheureux par vos crimes, vous ne goûterez pas un seul jour avec tranquillité les fruits de la trahison. (Elle tire le poignard caché dans son sein.) Voilà ce qui atteste ce que je viens de découvrir. Odieux Almagro ! reconnais ce pré-

Page 1