ACTE I, SCÈNE I
glantes comme autant d autels où nos bras imiAolent mille victimes pour vous apaiser. Rome doit gémir pendant de longues années d'avoir enfanté dans son sein un monstre tel ^ue Galba.
DISTALÉON.
Il se peut que nos victoires ramènent l'honneur dans le monde asservi ^ et que quelques nations , suivant l'exemple des braves Lusitaniens , se présentent sur le champ de bataille pour venger leurs insultes. Ce colosse a pour base les crimes : la trahison l'a élevé. Pes mères , autriafois ravies, ont enfanté des fils ravisseurs ; et quand l'opinion qui régit le monde avec un empire despotique ^ l'aura fait connaître aux peuples opprimés , il nm restera de ses triomphes^ injustes effets de la perfidie, qu une triste mémoire, '
MINURUa.
La vile superstition a trop long-temps combattu
four eux; ce poison affaiblit les cœurs ^ enlève énergie, arrête l'intrépidité , ne produit que des chimères : dérobant tout à la nature , elle excite les hommes à la terreur. C'est de Cette arme que Rome a suise servir contre les peuples faibles ; mais dans la Lusitanie elle est d'un inutile secours. Qui connaît les dieux immortels, sait que les crimes ne peuvent obtenir d'eux la victoire,
VIRIATUS,
Voilà pourquoi nous vainquons. Ces augures tirés^ du bruit que font en s'envolant de noirs oiseaux, le^ ^litraiUes fumantes des victimes, uni ministre ia\-
!i66 LE CARACTÈRE DES LUSITANIENS, posteur^ qui , à la fols traître et fanatique ^ trompe le peuple en* feignant d'être l'organe des dieux ^ tout cela n'accable pas les • guerriers lusitaniens , qui ne fondent les augures de la victoire que sur leurs armes. Notre cause est appelée au tribunal des dieux par la voix de la justice. Les derniers efforts de Rome agitée sont rendus inutiles. Rappelez-vous toujours ce préteur Vétilius, qui pensait^ avant de nous voir^ que nous étions vaincus ; souvenez - vous de Tribola , et que , des montagnes où nous nous trouvions cachés, nous vengeâmes la trahison de son prédécesseur : quatorze 'mille des Romains restèrent dans le champ qu'ils occupaient sans prévoyance; Vétilius paya même son orgueil , en perdant la vie des mai us de l'un de nos soldats. N'oubliez pas ce Plautius^ et ses misérables exploits ; sesbrillans cavaliers, si remplis d'un feu audacieux , que nous renversâmes glorieusement. Voyez les champs de l'immortelle Évora , où cet insensé fut anéanti. 0 grande déesse, bien- .faisante Vénus, bonheur de la nature, tu as. vu avec joie les murs de ton temple teints du sang des tyrans, qui, dans leur cruauté avaient percé le sein des belles Lusitaniennes ! Sabinus vouluWque sur un marbre durable on inscrivit sa fin désastreuse et les regrets de Rome, qui laissait en ces lieux un monument perpétuel d'une grande victoire. Enflammés de haine et de fureur, voyez Claudius Unimanus, l'espérance de cette Rome, quand elle confiait la république effrayée, en son destin, sa . valeur et sa prudence. Les féroces bataillons demeul'èrent anéantis dans le vaste champ d'Ourique, tou-