‹ Chefs-d'œuvre du théâtre portugaisChapitre 154 sur 292 · ACTE I, SCÈNE I. i^iy^j · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I. i^iy^j

jours consacre à la gloire lusitanienne. Qui ne meure pas supporte le poids de fers infâinans. La sépulture de Caïus atteste les faits de ce jour immortel. Voyez Nëgidius^ que le vaincu appela pour le venger': ce fut sur des peuples sans armes et sans défense que se déchaîna sa fureur. Il nagea ' dans le sang du paisible labourer; et, quand il vit dans les champs de Viseu que nos armes venaient demander compte de ses insultes y il trembla, il fut lâchement chercher un asile au milieu des montagnes. Environné de toute part, il eut à souffrir les mortels effets de la faim ; et, voyant disparaître ses derniers moyens d'existence, abandonnant sa honteuse habitation, il trouva la mort dans nos campagnes. Souvenez-vous encore de ce Lélius, de ce Fabius, qui amena les légions les plus aguerries ; d'Hostilius, d'Émilianus, de Popilius, dont les troupes furent ensevelies dans les champs lusita-^ niens. N'oubliez pas combien fut peu. brillante la victoire gagnée sur nous par le terrible Pompée.. Quel dommage elle lui causa, combien de déroutes effrayantes il eut à souffrir ! Les murs de la superbe Utica , qui essayait de flétrir nos lauriers , parlent encore; dans les marécages voisins de l'orgueilleusa^Rome les troupes s'anéantirent. Pour l'infâme et atroce Servilianus, ses combats, ainsi que ses trahisons, sont encore récens : son orgueil a. été abattu; nous dictons des lois au pouvoir consulaire. Le frère parjure qui a signé cette paix, et est venu plein d'audace nous tourmenter nouvellement encore dans les champs que nous cultivons, a déjà vu que le sort ne s'améliore pas, et qu'il est

a68 LE CARACTÈRE DES LUSITANIENS, vaincu. Ce roi africain , ses éléphans, monstrneases citadelles qui épouvantaient les jeunes cavaliers , ont déjà perdu leur magique illusion y et nos cœurs ne craignent ni les hommes, ui les animaur effrayans. Aujourd'hui même , conduits par une valeur nouvelle, nous avons vengé nos parens, nos enfans, nos épouses lâch^ent assassinés.

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