SCÈNE V
ORMIA , ARISTÉA ; CURIUS et APULÊIUS conduits par elles. Quelques Lusitaniens les suivent. Us sont tous enchaînés.
CORIUS.
Épouse digne d'un immortel renom, veuillent les dieux protéger nos destinées !
OBMIÂ.
€e sont eut qui ont arme des bras de femmes ca* pables de détacher les fers des Romains.
( Elle défait les chaînes dé Guriùs. )
Âpuleius.
Ma douce Àristéa , à combien de périls tu t es sublimement exposée! Oui^ fuyons, Tamour doit couronner ce moment héroïque.
AR ISTE II , dëUchant les fers d'Âpuléios.
Il fait tomber les chaînes qui retiennent vos bras, pour enlacer les cœurs des plus tendres liens.
ORMI A, aux soldats.
Lusitaniens) qui portiez les ii^ustes fers de nos agresseurs , voyez ce que sont capables de faire voscompatriot^squandlamour le plus vif enflamme leur âme. Reeeves de deux femmes le présent le plus cher au cœuré Dites aux hommes que la gloire n a pas fermé pour nous son temple.
(EHe fait tomber tes fers d«s soldats.)
ARISTÉA, rimitant.
Cette nuit sera, dans les fastes lusitaniens, plus brillante que les jours lumineux.
CURIUS
Quand aux charmesd'une beauté extérieure onvoit s'unir un cœur aimant vertu, je ne connais rien , dans la chaîne des êtres , qui puisse se comparer à ce sexe aimable. Compagnons, qui voyez vos bras rendus libres par les mains charmantes de vos guerrières compatriotes, consacrons cette nuit à jamais mémorable à. leur culte. La liberté donnée par elles nous rendra redoutables. Que le premier usage que nous en ferons soit le carnage des féroces légions. Que le sommeil, pour ceux qui dorment, soit celui de la mort ; que les autres portent la terrem* et la confusion parmi le camp. Chère amie, remets-moi cette épée. ( Il veut la lui prendre des mains. ) Retire-toi , et dans le bois voisin nous nous reverrons bientôt. Fuis la mort.
ORMIA.
Tu veux, dans ton injustice, désarmer mon bras ; ce bras qui a su avec intrépidité t'arracher du milieu des ennenûs, (elle montre les chaînes tombées à terre ) qui a brisé ces fers. Non , celte épée , teinte dans le sang des fils de la détestable Rome , appartient à ton Ormia , qui saura combattre à tes côtés. ( Elle montre F épée du soldat qu'elle a tué, ) Voici la preuve de ma valeur; c'est avec elle que tu dois suivre la route de l'héroïsme.