ACTE II, SCÈNE VI
elle est ouverte. Leurs compatriotes sont venus les délivrer à la faveur d'une nuit lamentable; tous ceux que vousi^oyez étendus dans le camp, sont les tristes victimes du tranchant de leurs glaives. Ces hommes sont éternellement à craindre pendant la. nuit comme durant le jour.
MECIPSÂ. ,, ;
Quand les actions sont grandes et sublimes , nous devons les respecter : ce n'est pas d'être faites par des ennemis, qui doit leur ôter leur prix. Lorsqu'on est capable de semblables exploits , on ne supporte pas un joug étranger, et on n'incline pas un jfront qui a joui des faveurs de la victoire.
HILPÉRIG.
Des leçons répétées nous ont prouvé que les déroutes ne peuvent point les obliger à s'humilier.
SERVILIUS, en fureur.
11 faut céder aux lois du destin ! Cette nation inquiète ne nous permet pas même de reposer durant la nuit. Nos ressources sont épuisées ; je vois mon armée pauvre. et diminuée de nombre. Que Rome . sache que de dures circonstances m'ont obligé à demander la paix. Malheureux Servilius, où sont les promesses que tu as faites au sénat inquiet ? 0 pouvoir exécrable des destinées ! Homme terrible qu'ont enfanté les montagnes pour la destruction de nos légions, pasteur altéré du sang des Romains, si je pouvais t'immoler à ma vengeance, je ferais triompher moi et la patrie. Tu iras , Manilius, proposer une paix devenue indispensable. Viriatus , indomp^
Tfiédtre Portugais, ig
2Ç)0 LE CARACTÈRE DES LUSITANIENS, table ennemi, jouis des avantagea d'une guerre désastr^ençe; toî^ jencore un consul implorer de toi la p^ix q^\\ h^it. Dieux de Rome, vou4maYez abandonne^.eh bien, la vengeance est aujourd'hui ma seule diyinite'. Passion fëjconde en expëdiens , montre-moi le moyen le plus sûr pour anéantir un monstre qui excite chez les autres peuples le mépris de Rome.