SCÈNE II
Des instrumens guerriers se font entendre; les soldats commencent à sortir des tentes ; le soYeil se levé et se montre peu à peu sur l'horizon.
CORROBA, DISTALÉON, MINURUS, arrivent.
CORROBA.
Quoi ! toujours on doit tous rencontrer, à quelque heure que ce soit, veillant dans le camp ! on ne peut pas vous prévenir un seul jour ! Considérez, ô chef, que le sommeil est le plus doux réparateur des agitations de la vie ; qui ne se repose jamais se fatigue bien promptement et diminue les jours de son existence : la patrie exige de longs services de son libérateur.
VIRIAtUS.
J ai reçu de la nature une robuste complexion , et j'ai employé mon enfance à la vie pastorale au milieu des rochers. Le froid janvier, le brûlant fnoîs daoût, ont endurci mes membres. J'ai toujours accordé peu d'heures au sommeil : je guidais continuellement mon troupeau vers les pâturages, avant l'aurore; et, tandis qu'il broutait gaiement le doux gazon mouillé des larmes de la nuit , monté sur le sommet sourcilleux d'une roche aiguë , je guettais le loup carnassier : mon troupeau fut toujours à l'abri de sa dent vorace. Maintenant que les destins m'ont remis la défense de la patrie , que mes amis m'ont confié leur vie si chère, est-ce le moment de