ACTE IV, SCÈNE III. 3i
stère^ intégrité. Un fait récent montre jusqnà l'évidence que TOUS ne respectez point les lois de la guerre. Vos généraux^ faits prisonniers dans la bataille , se sont évadés en manquant à cet honneur qui lie le soldat en de telles circon^ances. Je réclame nos droits en faveur des fils de l'auguste Rome que vous gardez dans les fers.
CDRIUS.
Dans cette injuste réclamation , le caractère romain dévoile son astucieux système : qui omet dans le rapport des faits certaines circonstances propres à les changer est un imposteur. Tu nous connais et nous viens insulter! Dis, perfide, quand nous demeurâmes prisonniers après la lutte sanglante qui coûta tant de soldats à Servilius , respecta-t-on notr^ rang? Avez-vous laissé libres nos bras? Avqnsnous juré par l'honneur- de garder la loi austère imposée aux captifs? Non, barbare, nous' fûmes aussi plongés dans les fers. Une double sentinelle, active et vigilante , nous gardait. Comment peut-ce être ; un crime d'obtenir là liberté au prix de son sang? Votre camp mis en désordre au milieu de la nuit, ceux que nous avons envoyés à la mort, tout atteste que nous n'avons point fui par de lâches moyens, et que nous n'avons pas profané 'les lois sacrées de Thonneur. Et toi, Manilius, qui connais Curius, du champ de bataille, tu te hasardes à vouloir dénigrer sofi caractère par des discours imposteurs! Nous nous verrons bientôt, Manilius; les armes doivent faire justice à l'un de nous.
3i4 LE GARiCTÈRB DES LUSITANIENS,
APULÉIUS.
Curius a sufiisamiuent relevé la basse insulte qui retourne à son auteur^ et qui n était fondée que sur un oi^uçilleux mensonge. Je répondrai avec cette épée à la première rencontre.
• 'MAiriLIUS.
Un guerrier ne doit point user de menaces ; un autre ne le^ craint point. Je suis venu dans ce camp pour proposer la paix.Quand les âmes nobles t^itent des intérêts nationaux y elles étouffent leur haine et n'appliquent leurs sérieuses pensées qu'au bien de la patrie.
TIHIATOS.
Il ne peut pas y avoir dans la vie de circonstances qui autorisent les insultes. Excités uniquement par la calomnie , mes généraux ont repoussé une accution perverse. J'ai déjà répondu formellement auit propositions d'une paix captieuse. Qu'on ne [»*ononce donc plus un seul mot sur ce honteux sujet. Pour l'opprobre de Rome^ et pour donner à Rome un témoignage public de la vertu qu'on peut trou-^ ver ici , je veux te faire voir qui , à la faveur d'une nuit obscure y a brisé si hardiment dans ton camp les fers qui retenaient des bras chéris. Je veux te faire voir qui est l'auteur de cette liberté héroïque que tu appelles une infraction aux lois de la guerre. Curius^ Âpuléins, amenez en triomphe vos chers libérateurs. {Ils sortent.) Vois^ Manilius, si dans les lieux oii la vertu exerce son empire le des* potisme peut élever son trône.